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Edito LECTRICE /LECTEUR, Ne t'ai-je pas trop fait attendre cet édito que j'avais annoncé imprudemment il y a plusieurs mois? N'es-tu pas la raison d'être de toute écriture et de toute édition ? Tu es en effet la pointe indispensable du triangle auteur éditeur lecteur. J'aurais dû sans aucun doute t'accorder la première place ! Si tu viens et reviens sur ce site, c'est que tu aimes lire, que tu cherches chaussure à ton pied, un livre, des livres qui répondent à ton attente ! Mais tant d'activités talonnent l'éditeur et en particulier celui qui est aussi, écrivain lui-même. Ce qui est mon cas. Il me faut donc de temps en temps retourner à moi-même, ne pas faillir à ma « vocation première », essayer de me glisser dans les interstices que me laisse ce travail d'édition, difficile (on ne nous aime pas partout !) et de tenir les deux bouts de cette chaîne, écrire et éditer les autres ; Hubert Nyssen lui-même ne vient-il pas de céder sa maison d'édition Actes Sud à sa fille pour retourner à l'écriture ? Pourtant, être éditrice, c'est une démarche capitale pour moi qui ai vécu les années difficiles où la publication des oeuvres lesbiennes et gaies se heurtait à de fortes résistances, et où je restais sur ma faim c'est combler un manque une injustice une erreur et une faute l'éthique, car c'est faire paraître de nouveaux écrivains (lesbiennes ou gais, - même quand l'occasion s'en présente « hétéros» ). Mon expérience de quinze ans m'a appris aussi la difficulté d'imposer notre culture lesbienne et gaie et le travail incessant qu'il faut accomplir pour faire connaître, et aimer ces nouvelles ou nouveaux écrivains. Pour n'en citer que quelques-uns, Anne Michel, Marion Page, Catherine Hubert, Esther F. Françoise Astruc, Ludmilla Podkosova, Lionel Duroi, Bruno Bisaro, Cristie Cyane et d'autres, et tant de poètes. Je les choisis en majorité français, ou de langue française de préférence(ou en toujours bilingue). Je trouve bon qu'on publie des traductions et que l'on connaisse les autres cultures, mais pas qu'on les imite, et que l'on confonde culte et culture (et souvent cul international). Les grands écrivains font partie du patrimoine de l'humanité, mais la veine française est riche, et il est bien dommage de céder à l'engouement anglo-américain, tant dans la fiction que dans la non-fiction, car il y a beaucoup d'écrivains qui produisent, écrivent bien, qui attendent d'être lus, et le méritent. Je choisis librement en fonction de mes goûts pour un lectorat qui aime la force et la qualité de l'écriture, du style, son rythme, la nervosité de la phrase, la surprise de la construction, le mouvement, et pas seulement l'histoire, l'intrigue, le suspense, qui sont importants mais ne doivent pas être systématiques, mais aussi la descente dans l'inconnu, les surprises des âmes, mais l'identification, (insensé qui croit que je ne suis pas toi) !. Un lectorat qui aime aussi la réflexion, (le récit de l'amour et l'essai libre à son sujet), et la poésie sous ses meilleures formes. Et j'aime le faire participer au développement d'un « courant », d'un « ton », d'un « micro-univers » particuliers, ajoutant une certaine touche, un climat, une conception des rapports humains, non pas en marge mais au coeur même du courant contemporain, en cherchant pour sa part à l'enrichir de nouvelles couleurs et le vivifier, le faire se connaître lui-même mais aussi lui ouvrir des portes. Surtout pas de platitude du texte, ni de complaisance. J'aime publier des livres où se mêlent la tendresse, l'humour, l'acidité, le rire ou le sourire, la légèreté, et le goût d'une vraie vie. À la fin d'une lecture, on devrait soudain se lever d'un bond et s'écrier j'ai trouvé, voilà ce que je suis et ce que je dois faire ! j'en ai la force, j'en ai eu l'audace (ou je l'aurai !). Je suis ainsi lectrice moi-même, et je pars aussi à la pêche aux livres des autres, goujon, perche chevesne, brochet et d'autres dont j'ai oublié le nom (mon grand père était un grand pêcheur). Je te ressemble, lecteur, car je suis l'un des tiens, je me trouve donc dans cette situation floue, complexe, mal maîtrisable, d'avoir à choisir dans la vague déferlante des livres nouveaux (nécessaires) ou classiques (ces derniers incontournables), comme devant la lave qui descend de l'Etna (j'y suis montée un jour d' esplosione ) ou la masse des matériaux charriés par le fleuve en crue ; que choisir ? Au nom de quels critères, sur quels conseils avisés, ou professionnels, donnés à titre personnel subjectifs, souvent si justes, et fiables ? Sur quelles impulsions, et quel enchaînement d'informations passées au crible de mes désirs ou de mes besoins, de mes écoutes et dans quelle urgence ? Voilà qui fait beaucoup ! Car tu es libre, lectrice /lecteur. Nous avons la chance ou plutôt nous (nos prédécesseurs ont conquis de haute lutte le droit de la liberté d'expression et d'absence de censure), nous continuons le combat quand nous voyons s'infiltrer cette dernière sous des prétextes et des formes spécieuses. La CNIL joue sans doute un rôle efficace, mais chacun, constamment, doit être vigilant. La liberté d'expression ne doit souffrir aucune entorse. La question se pose tous les jours. À quoi bon écrire si le manuscrit doit rester dans un tiroir ? Mais si le tiroir est ouvert, la maison fouillée ? Les auteurs punis, emprisonnés, obligés de s'exiler, désespérés ? Mais peut-on empêcher quelqu'un d'écrire ? et peut-on s'empêcher de le faire ? À cette question, on peut donner la réponse que donnèrent les écrivaines du bloc soviétique à la Maison des Ecrivains lors d'un colloque international des femmes des années 90. Dans le meilleur des cas, « nous écrivions, voilà tout, disaient-elles, pour le tiroir, et, dans nos échanges, nous mettions l'accent sur les questions proprement littéraires ou esthétiques », sans être contraintes par les contingences de l'édition, de la critique, de la réaction et de la demande du public, du goût dominant, en raison de la censure d'Etat. Censure extérieure politique : il suffit de lire les lettres de Soljenitsyne adressées en 67/ 68, au Présidium du Congrès et aux Délégués membres de l'Union des Ecrivains Soviétiques, aux rédacteurs des journaux et revues littéraires, son discours de Stockholm quand il obtint le prix Nobel (où il n'alla pas de peur de ne plus pouvoir rentrer dans son pays) (1) : « Qui, sinon nous, écrivains, pourra porter un jugement sur nos gouvernements défaillants ? Dans certains Etats, c'est la meilleure façon de gagner son pain, (occupation de tout homme qui n'est pas un paresseux) et aussi sur le peuple lui-même sur sa lâche humiliation, sur sa faiblesse satisfaite ? ». Et aujourd'hui Talisma Naasreen, forcée à l'exil ? Dans un tout autre contexte, relisez certaines pages troublantes de En Vol (2) de Kate Millett, où on la voit sommée par le collectif des femmes du Women's Lib de taire ou dire telle ou telle chose et qui veut lui interdire de signer son livre qui doit être « anonyme », selon la doctrine du groupe. « C'est moi qui l'ai écrit, ce n'est pas le mouvement qui parle c'est moi il y a dedans mes erreurs mes chevaux de bataille mes opinions en littérature », proteste-t-elle. J'ai connu cette époque à Paris où, lors d'une réunion politicolittéraire, (étrange mélange de maoïsme et de trotskisme), il fut déclaré péremptoirement que toute écriture devait dorénavant être collective. Quelle tension et quelle angoisse régnèrent alors dans cette salle de la rue des Fossés Saint-Jacques ! Terrible censure imposée de l'extérieur. Qui entraîne une autocensure, ou pire encore, elle finit par être tellement intériorisée qu'elle en devient un automatisme. D'un côté, le « politiquement correct », de l'autre côté, « l'Index » (de l'Eglise), qui excommuniait et qui, même supprimé officiellement, joue encore en sourdine contre tel ou tel écrivain/e) ou telle revue, ainsi la pression actuelle contre la laïcité joue pernicieusement dans les esprits et les écrits. Le Goulag ou l'Inquisition. Le livre Ma soeur mon amour (3), (l'amour lesbien dans les couvents américains dans les années 85), qui est un best-seller international et que j'ai édité en France en 1990, a été boycotté par toute la critique. Sujet jugé trop dangereux. Non, je ne remonte pas au déluge, on retrouve aujourd'hui les mêmes phénomènes que du temps des anciennes censures, ceux concernant les homosexualités, quand ils ne sont pas vus sous l'angle sulfureux ou simples variations érotiques d'une société libérée de tout complexe. Ces censures sont plus confuses, brouillées, insidieuses mais tenaces : tant d'autres paramètres ont été créés au nom des sciences humaines et sociales, certains autres, au nom d'une idéologie : l'adoption du queer et du porno sous peine d'être accusés de romantisme et/ou de niaiserie. D'autres encore d'origine politico-religieuse, mais venant d'autres religions, intégrismes nouveaux contre intégrismes anciens. Ta liberté est précaire lecteur tu dois te battre pour la sauvegarder. La « lecture critique » peut t'y aider, mais lis aussi la presse, compare, regarde aussi la télé, les télés, veux-je dire, pour en décoder le système de fonctionnement, lavage de cerveau ou information honnête, emploie toutes les sources d'information qui sont à ta disposition. Mais ne lâche pas pour autant le livre. Nous sommes heureusement sortis de la civilisation du » Livre », culture archaïque, machine à formater tous les esprits, livre unique et sacré, intangible source de toute vérité, mais qui trop souvent a bâillonné des pensées hétérodoxes, originales, frondeuses, fécondes, pour créer celle « des livres », des oeuvres personnelles, individuelles, qui portent témoignage, lancent un appel à la découverte, à l'élargissement des points de vue et des horizons, provoquent le dialogue, et la confrontation et nous offre un miroir pour que nous nous connaissions mieux nous -mêmes et apprenions les uns des autres, nous questionnant, en toute honnêteté intellectuelle et non sous influence, les un/es les autres. « J'écris pour agir » disait Voltaire. On voit l'importance de l'écriture et de l'édition qui permet la multiplication des contacts. Chacun, partant de sa lecture individuelle, peut mieux comprendre la société le monde, soi-même et peut lui donner la force de vouloir changer ce monde, vers plus d'intelligence, de compréhension des phénomènes et plus de bonheur. Cette place et ce temps sont irremplaçables pour la réflexion, qui te dégage de la répétition, du « par coeur », de la soumission, de la crédulité, des idées toutes faites, des manipulations, des slogans, de la séduction de l'image (encore que tu puisses dans n'importe quelle émission de télé, apprendre à « lire » les tempéraments les caractères les intentions cachées sur les visages et dans les attitudes et les gestes, la radio donne toute l'importance à la voix, le livre aux signes qui renvoient à tes images propres) Il n'y a pas que la misère sexuelle, il y a la misère de l'esprit du coeur de l'imagination, une misère de l'intelligence, mais aussi la misère de beaucoup de contenus Car que vois-je trop souvent ? On te (nous) flatte, on te déploie le tapis rouge devant nous, à moins que l'on agite le célèbre chiffon rouge sous les yeux et si possible bariolé de photos en couleurs aguicheuses, de gros caractères bien voyants. On nous prend pour des nigauds, qui ne comprendrait une histoire que si elle était simplifiée, préparée comme les petits pots pour bébé, pour que tu ne te casses pas les dents ou la tête (alors que tu as les deux bien plus solides que l'on ne prétend), ou un message que s'il est vulgarisé par le biais de polars, de fictions sentimentales, ou parabolesques ou encore obstinément cul -centrés ou insolemment jeunistes. Le mot « intellectuel » devient « intello », devient un repoussoir, comme si penser était hors de ta portée, et que tu doives t'en méfier. Mais les intellos, eux, il faut bien le dire, emploient souvent le jargon le plus distancié, le plus conceptualisé (ou abscons), on dit au béotien, qu'y comprendrez-vous ? Car c'est une chasse gardée et le plus politiquement correct (et attention ! selon les coteries, le contenu du politiquement correct est absolument variable, voire strictement contradictoire, et malheur à toi si tu trompes de gourou, l'anathème et l'exclusion ne sont pas loin. Mais, comme, non prévenu, tu t'exprimes naïvement, tu seras la première victime des « zélées acolytes »(4). On t'entraîne donc à juger uniquement d'un certain point de vue idéologique, en te laissant à toi le soin de situer le texte et son message, en fonction des positons littéraires ou politiques etc de l'écrivain. C'est donc un apprentissage passionnant à faire et qui ne s'arrête jamais. Ne pas être dupe, voilà un des premiers conseils à donner au lecteur Et, à un niveau beaucoup plus matériel, tu seras victime de la nécessité commerciale, allons Pivot un effort, ne soyez pas vieux jeu : l'audimat, la marketing, la vente, la publicité : avez-vous vu Bernard Pivot se vendant lui même « à la télé » dans le flash d'un homme à l'allure dégagée, debout, en mouvement, dans le vent marchand ? J'aurais honte. Il semblait gêné de faire directement sa publicité Mais si tu dois être averti, lucide, sans noircir le tableau, goûte aussi le pouvoir d'évocation, le plaisir de lire, laisse-toi emporter par ton émotion. Laisse -toi aussi aller au plaisir de la découverte s'il s'agit d'essais. Tant de rencontres débats publics ont lieu, tu peux rencontrer les auteurs, ose poser des questions. Mais, lesbienne ou gai, tu ne trouves pas toujours ce que tu souhaites, qui serait pour toi un miroir, un choix une explication, une dénonciation, des univers amoureux qui correspondent à tes désirs. des peintures de moeurs, tirés du réel, aux différentes époques et dans différents pays, des comédies, des analyses. Ta situation est moins difficile que celle d'un opposant dans un pays totalitaire, mais n'il y a peu que s'est développée une écriture qui ne biaise pas, qui ne t'oblige pas à décoder et ne te fausse donc pas. Elle est encore attaquée violemment, directement, bassement mais aussi d'un façon insidieuse perfide, et d'autant plus dangereuse. Tu as à te frayer un chemin plus difficile, cette difficulté propre s'ajoute à toutes celles dont je t'ai parlé plus haut, celle des choix partisans, des pressions commerciales, ou idéologiques. Tous les écrivains gais et lesbiennes ne sont pas des saints/es et cherchent aussi parfois à te complaire. Nobody is perfect . Ainsi, s'agissant de notre univers amoureux, il y a eu une telle multiplication des progrès, dans la création les traductions ou les rééditions en vingt ans, que tu peux avoir des informations : par les librairies elles-mêmes, par des magazines, par les sites (y compris le nôtre) tu peux te faire ta propre bibliothèque. Et si on ne répond pas à ta demande d'information dans beaucoup trop de librairies, réagis. Comment ? Devant le refus, la maussaderie de certains libraires qui peuvent te regarder de travers prendre des mines choquées, pense que tu es dans ton droit, tu es protégé/e par notre apparition sur la scène publique littéraire, par nos émissions sur diverses radios à Paris et en province, par pinktv qui amorce une ouverture culturelle pas uniquement dans le vent du jour, par des soirées lors de festivals, (par exemple Ex æquo, à Reims en novembre, Lesbigai à Aix au printemps, idem à Grenoble, à Lille entre les Flamands roses et les GKC, le Rainbow Expo et beaucoup d'autres salons), la plupart sont publics, tu trouveras aussi de nombreux groupes, des magazines, des maisons d'accueil (comme l'Impatiente et sa bibliothèque près d'Amiens, d'autres dans le Gers et ailleurs encore), il existe des guides, des sites ; l'un dans l'autre tu obtiendras peu à peu assez d'infos pour pouvoir naviguer à l'estime mais intelligemment. Car, si j'ai créé cette maison d'éditions c'est bien parce qu'il n'y avait en 89 aucune édition lesbienne et/ou gaie. Quelle floraison depuis. Aujourd'hui nous sommes près d'une dizaine ! tu as enfin l'embarras du choix. Qu'on l'appelle communauté ou réseaux, peu importe, il ne s'agit pas de te piéger, de t'enfermer, mais au contraire de t'ouvrir à de nouveaux univers mentaux, affectifs, sexuels, culturels. Tu peux te partager entre plusieurs univers ! Eh ! toi !, lecteur (5) hétéro, ne prends pas la poudre d'escampette ! Nous autres, nous nous sommes nourris de littérature hétérosexuelle(celle qui s'est cru et voulu « normale », universelle et nous n'en sommes pas morts, nous avons appris beaucoup de choses. Tu pourras certainement trouver des choses nouvelles chez nous, nous ne formons pas un cercle fermé jalousement où peureusement sur nous-mêmes (tu vois que j'évite le mot ghetto absolument inadéquat) et nos histoires, nos moeurs nos manières d'aimer et de vivre ne sont pas réservées à des initiés, à une « secte, » ni un clan, et rien d'humain ne doit nous être étranger, ni aux un/es ni aux autres. Lecteur lectrice, tu as bien lu, on devrait s'adresser à toi au singulier et non à un supposé troupeau bêlant en choeur comme dans Rabelais et se jetant donc à la mer à la suite du premier mouton qui y fut jeté par malveillance pure. Non que je prête aux médias, aux critiques, aux libraires, aux intérêts et prétendues nécessités politiques et économiques ou culturelles du marché une malveillance délibérée et systématique à ton égard, encore que la concurrence soit si rude que plus d'un pense que beaucoup de coups sont permis, que le confrère est plus souvent considéré comme un concurrent plutôt que comme un allié, et que les idéologies conduisent encore et toujours à des langues de bois ; tu es comme devant un fleuve plein d'herbes inconnues où tu as peur d'être pris, mais dans lequel tu as envie de plonger et de nager, pour goûter à cet autre monde, reflet déformé, ensorcelant et libérateur, révélateur de ton moi profond ou exploration du monde de la société qui t'enserre et des êtres que tu côtoies, et dont tu n'as pas toutes les clefs. Car la vie courante, quotidienne, avec toutes ses obligations, ne t'ouvre pas assez d'horizons. Cependant je ne tomberais pas dans l'idolâtrie de la littérature aux dépens de la vie. On le voit trop souvent dans les pages littéraires de certains quotidiens. Il n'y aurait de vrai de refuge, de salut que dans l'écriture ! Il y a du vrai le conseil de Gide dans « Les nourritures terrestres » : Nathanaël, jette ce livre ». Car « livre » peut conduire à « livresque » ; or il convient de vivre, vivre est primordial : savoir aimer, dans tous les sens du terme, tenir une place active dans la société, donner un sens à ses choix, voir le beau, le multiplier, détecter le mal, le diminuer, la souffrance etc. Oui, plonge dans la vie, fais toutes tes expériences, ose. Mais un livre peut être aussi la clef pour ouvrir, ou enfoncer des portes. S'il faut que tu sois averti/e de ce qui se passe en amont du livre pour que tu ne prennes pas pour argent comptant tout le « discours d'escorte » (ou paratexte) qui annonce et accompagne le livre que tu feuillettes, et que tu connaisses toutes les techniques de vente mises au point pour te pousser, toi, lecteur potentiel à acheter, ayant appris à choisir et t'en servir, le livre peut t'être un compagnon de route, même si sur le moment tu ne comprends pas pourquoi tu reviens sans cesse pendant une période au même livre et que tu le lis sans relâche avidement.
Ainsi, pendant qu'éditeurs, diffuseurs critiques représentants libraires, comme des divinités tutélaires s'affairent pour sortir du néant une oeuvre inconnue, pour toi et tous les individus qui sont d'autres « toi » différents et que, toi, tu vaques à tes affaires, un jour tu as eu envie de lire. Tu es entré dans une librairie une bibliothèque à la recherche de cette nourriture si particulière. De quoi a envie cet X, qu'on appelle le lecteur ? Avoir un objet transportable, un peu singulier, fait de feuilles de papier, contenant un récit, un texte, des idées, des raisonnements, ou des enchaînements de faits tout à fait surprenants, ou étrangers ou qui te correspondent. A une attente, qui n'était même pas dite. Désir d'évasion, de fiction de fantastique, de quotidien, tableau de moeurs où tu te retrouves avec peut-être des solutions qui t'ouvrent des passages, des situations qui t'émeuvent Savoir que tu peux arrêter quand tu veux où tu veux relire tout d'une traite ou un seul passage, la fin d'abord et pourquoi pas. Que tu peux lire dans le bus, le train, en travaillant entre deux clients, dans ta voiture à l'arrêt (ça vaut mieux), sur ton lit, sans autre règle que ton bon plaisir, sans avoir de compte-rendu obligatoire à une date donnée comme au lycée ou à la fac, sans délai particulier. Tu vas à la Fnac, Virgin, Monoprix, Cultura, tu passes, devant une librairie, tu oses entrer, tu feuillettes, parfois tu peux t'y asseoir, boire un thé. Tu vas à la bibliothèque municipale, tu vas même à des Salons celui du Livre, de l'Autre Livre, Bien sûr, tu as des amis, le bouche à oreilles fonctionne très bien, tu lis quelques journaux, tu vois quelques émissions culturelles. Mais rien ne se fait magiquement, et tout se fait en claquant des doigts. Il faut du temps, un temps ni mesurable ni prévisible, pour que progressivement tu te formes le goût le jugement, que tu te crées tes critères bien personnels. Personne ne peut l'exiger de toi sinon toi-même, combler des ignorances, corriger parfois tes préjugés, tes impressions infondées, affiner ta lecture, saisir des sens que tu n'avais pas prévus et en somme à te faire une bibliothèque personnelle dans le désordre (c'est-à-dire l'ordre qui est le tien et pas forcément celui de l'autodidacte de Sartre dans la Nausée qui commence par la lettre A... et continue dans l'ordre alphabétique car il est méthodique ! ). Si tu as acquis une culture dans tes études ces situations ne sont sans doute pas les tiennes, tu as cette chance ; mais, attention !, ton risque ne vient pas alors de ton ignorance mais peut-être d'un excès de connaissances jugées indispensables par des écoles dont des systèmes de pensée sont extérieurs à toi, il te faut revenir à tes propres exigences, savoir trier, rejeter, opter pour ta fantaisie propre, ton imaginaire. Toi, lecteur spontané, tu vas apprendre sur le terrain, n'aie pas peur si tu ne comprends pas tout tout de suite, ce cheminement dure des années, toute la vie même. Tantôt tu veux un essai tantôt un roman (une fiction comme on dit maintenant) des poèmes, une BD, un livre d'art, un livre anglais japonais russe espagnol. Dans cette forêt où tu es entré/e, tu peux prendre des chemins et t'y perdre. On a beaucoup parlé du plaisir du texte ou de sa jouissance, ne te préoccupe pas trop de ces excès de nuances et de subtilités, il n'y a ni lois ni règlement encore dieu merci, qui ordonne au lecteur telle ou telle méthode de lecture ; laisse-toi aller, improvise. L'essentiel est d'avoir la clef, la conscience, le sens de ce que es en train de faire en lisant, en cherchant et choisissant tes livres, tes auteurs, ton univers littéraire. Ne lis surtout pas pour te « cultiver », mais pour mieux vivre avoir une représentation de toi et des autres dans l'histoire dans ce vaste monde. C'est un travail jamais achevé rassure-toi. Le monde n'est pas simple il faut le déchiffrer à l'aide des autres dans le dialogue et l'observation directs mais aussi dans la lecture d'histoires inventées par d'autres qui les ont écrites. N'hésite pas à noter sur les livres, à souligner, (sauf s'il s'agit d'un livre d'art, bien entendu d'une édition rare) Le livre est aussi un cahier où tu peux noter au vol tes propres réflexions, des références ; tu y reviendras plus tard. Tu pourras dialoguer alors avec celui que tu étais au moment de la lecture, au cours de ton histoire propre pour ma part, je ne crois pas avoir cherché à t'appâter ; on a dit parfois que mes livres sont difficiles, je te dirai :ils sont pour les difficiles, les amateurs. Va de rayons en rayons, feuillette, suis ton caprice, tu n'imagines pas les heures que j'ai passées à Beaubourg, dans les librairies, aux étalages extérieurs, en allant au feeling, à l'intuition. Fais ton miel propre. Va et viens, arrête-toi sur ce site, reviens-y, va en voir d'autres, compare, les villes ont des squares, des cafés, des bibliothèques, des bancs, fais-toi ton propre itinéraire. Bon Vent ! Geneviève Pastre 17 12 2005
(1) Les droits de l'écrivain , Soljénitsyne coll. Points -Seuil 1974 ( 2) EN VOL , Kate Millett, Stock, 1976 (3) Ma soeur mon amour traduit (éd.GPastre) de l'américain : Lesbian nuns breaking silence ( 4) selon l'heureuse expression de Monique Wittig (si mal connue, prise parfois à contresens), dans son dernier ouvrage « Paris -la -politique »,P.O.L.1999
(5) Note sur la marque du masculin /féminin: il existe plusieurs façons de « préciser » masculin et féminin si tant est que ce soit nécessaire de les « marquer ». cf . le Nouveau manuel d'orthographe , G. Pastre (dans mes propres éditions) et voir aussi la note en tête de Paris-la-politique.
« Je savais, toute enfant, que jaimais le corps, la grâce, le visage féminin... Je fus apparemment vaincue aux alentours de mes 24 ans. Mais je me débattis exactement comme quelquun qui se noie et depuis lors cest une joie constante, en dépit des douleurs que comporte toute vie, en même temps quun sentiment de force inaltérable de mêtre trouvée, davoir trouvé les femmes, et de savoir que cest ce qui me fait vivre, agir, penser, rire, écrire, aimer et, du même coup, pouvoir penser le monde."
«Depuis
plus de vingt-cinq ans, Geneviève Pastre, agrégée
de lUniversité, poète, dramaturge davant-garde,
éditrice (a fondé en 1989 la première maison dédition
lesbienne), participe à sa manière, cest-à-dire
très activement, aux luttes lesbiennes, féministes et
gays. Dans ces Mémoires, elle nous raconte brièvement
son enfance et son désir de devenir danseuse, parcourt tous les
mouvements dont elle a fait ou non partie et nhésite pas
à dire leurs quatre varités à certaines et certans
ainsi quà faire des mises au point. Bravo. Mémoires
qui devraient intéresser toutes les générations
puisquil sagit de passé, de présent voire
de futur. Ces
Mémoires dune femme très cultivée qui sest
heurtée à de nombreuses difficultés (mais plus
on est active plus on en rencontre) auraient pu être rébarbatives,
or elles se lisent avec intérêt et plaisir : on y rencontre
pas mal de monde connu ou méconnu, pas mal dévénements
et de mouvements, un certain nombre de réflexions personnelles
qui ne laissent pas indifférentes. Et puis Geneviève Pastre
ne manque jamais de revenir sur des notions simples telles que lamour,
qui doit se vivre comme on lentend, quel quil soit, lhumaine
tendresse, la solidarité. Femme
actuelle "
Rares sont les gens qui pensent, depuis Diogène, et osent écarter Cela
fait 25 ans que je suis entré en militance homosexuelle, et javoue
navoir commencé cette réflexion sur moi-même
quil y a que quelques années, en fréquentant les
groupes mixtes lesbigais : parce quen tant que mâle je suis
viscéralement misogyne, et quil faut dabord bien
se le dire et en Quelques
extraits : " Jaurais vécu un bonheur caché,
tranquille, mais je «
Jappris mieux ma géopolitique féminine et féministe.
Javais manqué le Fhar et les Gouines Rouges, eh bien !
ce nest pas dramatique, je nai pas assisté, non plus
à la Révolution de 48 ni à la Commune ! Mais on
sen remet vite. On peut toujours, et à tout moment, dieux
et déesses merci, entrer dans le courant de lHistoire,
car, de toutes manières, on prend toujours le train enmarche,
puisquil a commencé depuis que lhomme existe, chaque
génération fait cela ! Et je ne jouerai jamais les anciennes
combattantes, héroïques, intrépides, les premières,
qui racontent leur Grande Guerre, en fumant la pipe ou tricotant sur
leur Internet au coin de la cheminée de leur maison de campagne,
mais ne font que la revivre, et se laissent distancer par leprésent.
Ce nest pas ainsi quil faut vivre, sil faut savoir
ce qui sest passé avant, ce nest pas par nostalgie,
ce nétait jamais "le bon temps", Sur
Simone De Beauvoir : " Je ne comprend pas le culte quon
lui voue encore. " (p 123). Jacques Ars Portrait
de Geneviève Pastre paru sur illico.com Geneviève
Pastre, éditrice-militante "Ce
livre, je lai écrit comme ça venait". Geneviève
Pastre nous a livré ses Mémoires, au sens propre, comme
elles lui revenaient donc. Pour ce portrait, on va faire pareil. C'est
sans doute la seule façon de ne pas trahir la "femme
en apesanteur" (titre de l'opus), en lévitation presque,
qui a traversé la moitié du siècle dernier et aborde
ce nouveau avec la légèreté qui sied aux destins
particuliers.
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Réédition
de
De l'amour lesbien
- publié aux Editions Pierre Horay en 1980 - aux Editions Horay. Nous sommes
( encore) heureuses de voir que l'oeuvre de notre éditrice suscite
un intérêt à l'intérieur de nos frontières
! Nous souhaitons que nombreuses soient les lectrices ( et lecteurs)
à découvrir cet ouvrage, profondément habité
et original, dont voici la présentation par l'éditrice
: Se référant
à Stendhal qui a offert à lamour sa bible, son discours
de la méthode, Geneviève Pastre donne demblée Geneviève
Pastre est la première philosophe
de l'existence et de l'émergence,
à dénier aux sciences précitéestoute pertinence
pour interroger en direction du désir et à restaurer l'expérience
éblouissante première de ce désir-ici entre femmes
- dans son statut d'expérience philosophique sans autre justification
étrangère. Geneviève
Pastre, agrégée de lUniversité, écrivain,
poète, chercheuse indépendante (histoire, sociologie,
anthropologie, philosophie), femme politique depuis 1978, journaliste,
éditeur depuis 1989.
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« DE LAMOUR LESBIEN » et « LE BIEN AIMER » de Geneviève PASTRE deux
livres qui comptent par Marion Page (février 2005) «
Le Bien Aimer », tout aussi passionnant, sattache
plutôt à lanalyse des comportements amoureux et aux
réflexions quils suscitent, et nous y retrouvons les grandes
questions concernant lhétérosocialité et
surtout lhomosocialité : le goût du placard des unes
et le militantisme des autres, laffichage des rôles, la
place de la relation psychothérapique, le caractère créatif
de lamour, le sens des mots pour nous dire : « homosexuelles
» ou «lesbiennes » etc., tous sujets qui nous préoccupent
dans notre quotidien et cest cela, une des qualités de
ce livre, cest que nous nous y retrouvons, dans cette langue toujours
combative et abordable. Ce que
jaime également dans ces ouvrages, cest le va et
vient continu entre le vécu et la réflexion philosophique
et politique de lauteur, joint à ce langage pas trop abscons,
soutenu dimages et de formules qui aident à visualiser
la pensée et nous poussent à revenir souvent à
nous, lecteurs, à notre propre expérience, dans un autre
va et vient. Double mouvement qui donne à ces livres une dynamique
originale dont le public lesbien ne profite pas assez.
EXTRAITS Le droit à la colère «
Il aurait fallu commencer par le droit à la colère.
Magnifique la colère qui secoue les femmes, et qui leur donne
léloquence. La puissance de linvective et de la malédiction. Lorgueil,
le défaut majeur «
Le sentiment, la certitude intérieure, qui vaut amplement la
foi dans le domaine religieux, davoir éprouvé, pour
une femme, pour un homme, pour un/e transsexuel/le, dans quelque condition
que ce soit, sa vérité érotique et affective, grâce
à un/e autre, la joie de ce don réciproque, est une source
inépuisable de vie et de joie, mais il ne doit jamais être
vécu sur le mode de lautosatisfaction et du prosélytisme,
pis, de la censure et de la critique, car alors il sautodétruit,
il implose, il crève. On ne peut vivre et aimer que dans louverture
à lautre. On ne peut pas penser la vérité
pour lautre. On aboutit toujours au »contrains-le dentrer
». Expérience
amoureuse et découverte philosophique «
Tout amour est non seulement questionnement, combat, conquête
et reconquête, non seulement au sens banal, conquête de
lautre, mais aussi conquête de soi, et toujours conquête
de lentité nouvelle créé, conquête
dun espace de vie ou simplement de survie, face à des ennemis
qui loin dêtre imaginaires sont tout à fait objectifs.
»
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Tasse de Thé présente Geneviève Pastre : super présentation d'une femme d'exception. Un portrait exhaustif - mais pourrait-il vraiment l'être ? - de notre éditrice. L'article, accompagné d'une photo où se voit la vivacité d'une Geneviève en train de s'exprimer sur un sujet, probablement brûlant, en tout cas avec la verve que nous lui connaissons, titre donc : Geneviève
Pastre Un titre significatif de toutes les actions menées par Geneviève Pastre, de 1967 à aujourd'hui : engagement en faveur des femmes et en faveur d'une liberté de penser, d'agir et d'exister pleinement. Participation aux Universités d'Eté Homosexuelles de Marseille, au Congrès de Dakar contre les mutilations sexuelles, émissions à l'ORTB, présidence de Fréquence Gaie, création en mars 1994 d'un parti Les Politides ou Mauves qui ajoute à ses activités celle par laquelle on peut agir sur le monde et la société autrement que par l'écriture. Un parcours qui épouse une personnalité qui a le courage d'être elle-même dans son temps, dans ses choix et dans ses actes. A découvrir
sur la page Plan du site, colonne de droite, rubrique Sujets
divers A Paris , la librairie Violette and Co vous invite à une rencontre poétique avec Geneviève Pastre, le vendredi 17 février à 19 h. Dans ce lieu remarquable par la richesse et la diversité des manifestations littéraires proposées, venez entendre Geneviève lire des poèmes de son dernier recueil VIS-A-VIS et INVIA suivi de "L'Etat poétique". Elle commentera également son essai : Nature / rôle / nécessité / retour de la poésie aujourd'hui / Ce qu'est être poète. "N'obscurcis pas les fenêtres ö poète et "comme si l'espace coïncidait avec la volonté d'étendre les bras" Librairie Violette and Co ----------------------------------------------------------------------------
---------------------------------------------------------------------------- Serge et Réal libraires est un endroit chaleureux, convivial et accueillant où l'on trouve, majoritairement en français, littérature gaie et lesbienne, littérature populaire, psychologie, essais, beaux livres et bandes dessinées, en tout, pour le moment, plus de 500 titres; en anglais une centaine de titres auxquels s'ajouteront bientôt des nouveautés. En plus des livres et magazines, nous espérons pouvoir offrir sous peu des DVD de qualité. Notre petite équipe met à votre disposition tout son savoir-faire afin de vous offrir un service hors du commun. Nous sommes là pour vous conseiller au besoin dans le choix de vos livres; vous avez également la possibilité de commander des titres qui ne sont pas sur nos étagères. La librairie possède également un coin-café où vous pouvez, tout en relaxant, déguster un café, thé ou jus et feuilleter les livres qui vous intéressent ou tout simplement vous reposer au soleil dans une atmosphère calme et musique discrète. De plus, au programme, des rencontres avec des auteurs, des débats, des lectures publiques, des lancements et des expositions d'oeuvres d'artistes tout au long de l'année. Même si vous habitez loin de Montréal, lors de votre visite dans la métropole, venez nous dire un petit bonjour, nous vous accueillerons avec plaisir.
Serge et Réal 1455 rue Amherst H2L 3L2
---------------------------------------------------------------------------- Catherine Hubert expose une merveilleuse série de toiles du mardi 6 juin au vendredi 7 juillet, à la Galerie-Bar La Champmeslé.
Galerie Bar LA CHAMPMESLÉ 4, Bruno Bisaro en récital au bar La Champmeslé, le samedi 10 juin à 19 h. Il nous lira avec sa ferveur habituelle des extraits d'oeuvres de Pierre Ronsard et Geneviève Pastre « Remontrance au peuple de France » de Pierre de Ronsard (1562) « Arthur Rimbaud ne s'était pas trompé » (1985) ainsi que des séquences choisies du récit-poème Octavie ou la deuxième mort du Minotaure (1985 et 1998) Entrée libre La Champmeslé Bar " Il est vivement déconseillé aux dames qui fréquentent les grands théâtres (citadins) et qui ne manquent aucune «première» de Strehler, Visconti ou Zeffirelli, d'assister aux représentations du nouveau théâtre. Si par hasard elles s'y rendent, dans leurs visons symboliques et pathétiques, elles trouveront une pancarte à l'entrée avertissant que les dames en manteau de vison seront dans l'obligation de payer le billet trente fois plus cher que son prix normal (au demeurant extrêmement bas). Cette même pancarte, en revanche signalera que les fascistes (à condition d'avoir moins de vingt-cinq ans) auront droit à l'entrée gratuite. On y lira, en outre : « Prière de ne pas applaudir ». Les sifflets et les désapprobations seront admis naturellement." Pier Paolo Pasolini, Manifeste pour un nouveau théâtrerue Chabanais, --------------------------------------------------------------------
-------------------------------------------------------------------- Notre Légende suivi de Rose du jour L'histoire de ce recueil est rès belle et significative d'une nouvelle culture : celle du Net, qui permet de voler par-delà les mers et les frontières pour trouver l'amitié, de créer des liens forts, originaux entre les personnes. Au début de l'année 2004, Anne Michel reçoit dans sa boîte Outlook un message d'une internaute la complimentant d'un texte qu'elle a lu d'elle sur le site québecois O'Zelles. Cette internaute s'appelle Huguette Bertrand : québecoise, poète, éditrice. Une correspondance se noue, des idées et des opinions s'échangent. Voici qu'Huguette doit venir en France ! Vous imaginez bien que ni l'une ni l'autre ne vont manquer l'occasion de se rencontrer... Une belle journée s'ensuit à l'issue de laquelle Anne donne à Huguette un choix de poèmes. Celle-ci qui avait apporté quatre recueils de ses poèmes publiés aux Editions En Marge , repart donc à nouveau lestée de poésie. Vous devinez la suite ! Les poèmes d'Anne plaisent à Huguette qui en demande d'autres pour un recueil et c'est Notre Légende suivi de Rose du jour, édité par des éditions québecoises. C'est tout simple mais c'est merveilleux. Nos ancêtres les Gauloises auraient cru que le ciel leur tombait sur la tête si on leur avait raconté qu'une barde lisait des poèmes dans les airs au-dessus de la mer ! Maintenant, à vous de découvrir les poèmes... "Un poème n'est pas formule à analyser, message à décrypter, texte à désosser pour faire fonctionner l'horloge de l'intelligence. Un poème est fontaine qui désaltère une gorge assoiffée, chant pour apaiser un être blessé, ode pour accompagner une âme exultante. Les mots du poème doivent aller toucher votre coeur, se glisser en lui là où il est le plus vrai, y demeurer nichés tels des oiseaux dont l'aube, la nuit ou ie plein jour révèlent le besoin de célébrer la vie, la nature et leur propre force. Je pourrais tenter d'expliciter le projet et lesens de cette écriture qui nomme Ville morte , D'une femme l'autre, Epanchement ou Rose du jour . M'emparer de ces titres et vous dire : « J'ai voulu exprimer ceci... cela ». Ce que je vous préfère vous demander, c'est : « Laissez-vous prendre par les paroles, laissez-vous bercer, émouvoir et puis, emporter. Abandonnez-vous comme dans l'amour. » Le poème est un jardin semblable à celui de la couverture avec ses allées fleuries, ses cyprès, ses érables sycomores et son bassin carré de marbre clair, L'eau y frémit sous le ciel grand ouvert à la lumière Le poème est regard qui reçoit cette clarté mais perce aussi les secrets d'un lieu moins éclairé. Le poème est à lui seul un jardin à la fois mystérieux, incarné et aérien. Nul ne pénétrera dans ses chemins, nul autre que vous." Anne Michel En vente Librairie
du Québec Violette
and Co Sur adventice.com
-------------------------------------- Octavie de Geneviève Pastre en Roumanie Roumanie
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Dernière mise à jour : 8 juin 2006 |