Auteurs

 

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Michel AUROUZE

J’ai publié Une fleur d’Edelweiss en 1967 et j’ai été aussitôt invité à l’Université Homosexuelle d’Eté à Marseille où Geneviève Pastre a tout de suite remarqué mon écriture. A cette époque le livre s’est peu vendu alors qu’actuellement les libraires me le réclament : il est épuisé ! A cette même Université j’ai rencontré Hugo Marsan qui m’a demandé d’écrire un livre sur les milieux cuir qui ne devaient pas être assimilés à l’extrême-droite malgré leur fascination pour des uniformes au look presque nazi. J’ai écrit en 1991 Les Rameaux de pêchers* que Geneviève Pastre a tout de suite édité (roman dont Hugo Marsan a parlé dans Gai Pied Hebdo) et je suis resté fidèle à Geneviève Pastre avec Les Millepertuis que sa maison a édité en 1998.
La Bartavelle éditeur vient de publier L’Arc-en-Ciel : c’est la biographie imaginaire d’un peintre abstrait qui dans les conférences données au sujet de son œuvre découvre ses pulsions homosexuelles restées jusqu’alors inavouées. Cela va bouleverser son existence.
Mon cinquième tapuscrit Ecriture Fantôme, de tournure très surréaliste, est placé chez différents éditeurs.


* Les ouvrages marqués d'un astérisque indiquent pour les auteur(e)s publié(e)s dans d'autres éditions que celles de Geneviève Pastre, les critiques parues au sujet de leurs ouvrages.

Une vie
"C'est l'histoire d'un homosexuel. La passion pour l'ami d'enfance, l'expérience du sexe, puis celle de l'amour. Des amours plutôt hard ou du moins qui se plaisent dans l'évocation admirative de la virilité. La connaissance du milieu gai -des scènes notamment au Club Cuir- imprègnent ces souvenirs d'une authenticité intéressante. Beaucoup de lecteurs se reconnaîtront dans cette vie qui rappelle nos itinéraires. Mais au-delà d'expériences d'où le tragique désespéré est exclu, c'est la description du milieu rural et la beauté des paysages qui insuffle son originalité à ce roman du désir."
Hugo Marsan, Le Gai Pied Hebdo. N° 475

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Extrait de « LETTRE OUVERTE » N° 35 sept. octobre 2000
Propos recueillis par Jean Bruno

Michel AUROUZE est un homme hors du commun.
S’il y a quelqu’un qui a des choses à dire, à raconter c’est bien lui. Aujourd’hui, il nous dévoile son autre passion,
celle de la peinture. Une collusion symbolique et limpide où les normes se fondent et où le pinceau estompe la plume.

L. O. Michel, nous connaissons tes romans : Une Fleur d’Edelweiss, en 1967, Les Rameaux de Pêchers, en 1991, Les Millepertuis en 1998, bientôt L’Arc-en-Ciel .
Quelles sont tes motivations ?

lI n’y a sûrement pas une raison, mais des raisons, qui m’ont amené à l’écriture comme à la peinture.
Pour essayer de comprendre ces raisons, il faudrait remonter à l’enfance, à l’adolescence et même un peu plus récemment à l’âge adulte, bref à toutes les étapes de la vie où on se heurte à des « interdits », des « rejets », des « doutes », des « échecs »
Issu d’un milieu d‘enseignants rigoureux, je me devais d’aller en faculté. C’est à Montpellier que j’ai fait mes études de chirurgien-dentiste. Mais je pensais, à cette époque que si mon père avait connu mon homosexualité, il m’aurait tué sur-le-champ, ce qui m’a conduit à étouffer celle-ci .
Pourtant, la vie m’a bien ramené dans cette direction où d’ailleurs j’ai connu des échecs. Ce sont peut-être ces mêmes échecs qui m’ont conduit à m’évader dans un monde de sentiment absolu par l’ écriture et la peinture.

 

Les Millepertuis

 

 

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Françoise BAILLARD


Née à St Flour, ne quittait pas l'Auvergne, où elle a passé toute son enfance et son adolescence. Elle avait une formation d'assistante sociale et de bibliothécaire. A obtenu plusieurs distinctions poétiques à l'Institut académique de Paris. Elle participait à un atelier de poésie dirigé par Chantal Dupuy et J.P Farines. L'Oeil à l'iris était sa première publication.
Prix de poésie des Octaviennes 1998.


L'oeil à l'Iris suivi de l'Orange sur la table

 

 

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Bruno BISARO

Bruno Bisaro est né le 13 juin 1974.
Originaire du Frioul (Italie du Nord), il est comédien, poète, auteur dramatique et artiste rock. Il invente un langage et une pensée aux influences multiples dont la résonance se nourrit de la confusion des disciplines artistiques, de la confusion des « genres », du masculin comme du féminin.
Prix de poésie des Octaviennes et des Gémeaux 2000.
L’intrépide… est son premier ouvrage publié


L'intrépide

 

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Michèle CROS

Poète, sculpteur-paysanne, vit et travaille à Montpeyroux dans l'Hérault, au pied du Larzac.


La magie de régner sur des riens agrandis

 

 

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Cristie CYANE


Demain j'y vais

 

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Rosemary CURB et Nancy MANAHAN


Ma soeur, mon amour

 

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Lionel DUROI

Lionel Duroi, 40 ans, journaliste, diplômé du CELSA (Sorbonne) a été tour à tour travailleur social, animateur radio, modèle et acteur. Editorialiste de Gayvox.com, il vit à Paris et partage son temps entre la psychologie et l'écriture.


Retour à Calella

 

 

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Esther F

Esther F. est née en 1971. Elle travaille régulièrement à la télévision
Elle entreprend l'écriture de ce premier roman à l'âge de 23 ans.

L'étrange rencontre

 

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Sophie FAURE

A partagé son enfance entre l'Ile-de-France et la Bretagne, terre de légende. Autodidacte, elle écrit son premier texte à 9 ans. Sa poésie lui est aussi vitale que l'inspiration/ expiration, elle naît de cette confrontation intérieur/ extérieur, comme le flux des marées, entre deux mondes, le sien - celui de sa compagne, enfance-adulte, l'homosexualité et les autres sexualités.
Elle a écrit plusieurs recueils de poésie. QUI SE MEUT DE SOI-MEME est le premier à voir le jour.


Qui se meut soi-même

 

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Michèle HAINAUT


La Terre et le Feu

 

 

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Catherine HUBERT

Née à Paris en 1953, fille d'un père conservateur de musée et d'une mère chargée de mission des Musées Nationaux, elle poursuit des études d’anglais, à Paris, Londres et aux USA. Du baccalauréat Lettres en 1973, (Lycée Français de Londres), elle franchit les étapes avec plusieurs mentions jusqu’à l’Oral de l’Agrégation en 1979.

Elle enseigne l’anglais de 1974 à 86 dans des lycées parisiens (Victor Hugo, Victor Duruy, Paul Bert, Montaigne) de banlieue ou en province (Lycée Lakanal de Sceaux, Lycée technique de Vitry, Lycée Edouard Branly de Nogent, Collège Jean Zay de Lens). Au cours de ses années londoniennes, elle est professeur de français à l’ILEA, (1988-89), puis plus tard, à la Clark University de Worcester, au Massachusets (1976-77).
Parallèlement à son activité d’enseignante, Catherine Hubert suit une formation artistique. Ecole du Louvre (1973-74), Ecole Municipale de Dessin, place des Vosges (1979-81), Ecole des Arts Plastiques de la rue de Seine ((1981-82), auditrice libre aux Arts Décoratifs, (ENSAD de 1982 à 84). A Londres, elle fréquente la Womenswork (1986-89) et le Sculpture Studio de Chelsea (1987-89). A Paris, elle travaille dans un atelier de sculpture à l’ADAC depuis 1989.
A sa première exposition, à l’Oval, Londres (1988), en succèdent vingt-quatre autres, sculptures, dessins, peintures, collages ou mobiles. La Brixton Gallery l’accueille en 1989 et en 95. Puis c’est le Salon des Indépendants, dont elle est sociétaire (1990-2001), le Salon d’Hiver (1991-99) dont elle est également sociétaire, et où elle obtient deux fois le Prix Spécial du Jury, la Maison des Femmes de Paris (1991 et 93), l’Espace André Malraux avec les Plasticiennes (1994 et 95), MUSA en Allemagne à Göttigen (1999). En 1993, elle est la première lauréate du Prix Inter Arts des Octaviennes, où elle obtiendra le Prix de Poèsie de l’an 2000 !
Elle a publié aux Editions Geneviève Pastre, Jessica ou l’île,drame (1993), Vers l’Ouest (95), La Lumière de la Nuit (97) et Création. (2001). Voir la présentatin de ce texte dans notre rubrique Catalogue.
Marguerite, recueil de poèmes, aux Editions Clapàs, collection Queer fish, (2001).


Jessica ou l'île, drame
Vers l'Ouest
La lumière de la nuit
Création
Lotta
Dreams

 

 

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Christophe MARCQ

Militant gay et féministe. Il est le créateur de « Madame H » , cette exaspérante « grande dame » parisienne qu'il se délecta à interpréter pour la première fois à l'Université d'été des homosexualités de Marseille, en juillet 1999. Quand il n'est pas Madame H., il enseigne,  voyage ou se promène à vélo dans Paris.


Madame H. à l'université

 

 

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Odette MENTEAU

Pratique différents métiers (dont animatrice en école maternelle), passe son baccalauréat à 45 ans et prépare un DEUG d'anglais.  Ce premier roman : "Un chemin semé de graviers mauves" révèle d'emblée un véritable talent d'observatrice et de romancière.


Un chemin semé de graviers mauves

 

 

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Isabel MEYRELLES

Poète portugaise née en 1929, s'est installée à Paris en 1950, a poursuivi ses études supérieures à la Sorbonne, a poursuivi simultanénent le cours de sculpture de l'Ecole Nationale Supérieure des des Beaux Arts et des études supérieures à la Sorbonne.

Elle écrit une poésie à fleur de peau, sensible, caustique où l'humour et la dérision sont toujours présents. Elle est aussi traductrice. Elle a fait partie du groupe des surréalistes au Portugal et a beaucoup contribué à faire connaître en France la poésie portugaise à une époque où les artistes de son pays avaient peu de contacts avec le monde extérieur.

Publications
Em vos Balxa, (1951), Palavras nocturnas, (1954), O Rosta deserto, Lisbonne (1966),et Le Livre du Tigre,(1977), ces quatre recueils de poèmes publiés à Lisbonne (1977) et le dernier en 2ème édition chez Geneviève Pastre (2000). Poemas, Edicion Menu, bilingue, Cuenca, Espagne.

Anthologie de la poésie portugaise, Gallimard (1971),

En préparation : Anthologie bilingue de la poèsie surréaliste et post-surréaliste portugaise, "Institut Camöens", ainsi qu'une Anthologie bilingue de la poésie de Presença.

Traduction en français des romans suivants de Jorge Amado aux Editions Messidor, Paris : Les souterrains de la liberté, 2 vol.(1984), Terres du bout du monde (1985), La Terre aux fruits d'or (1986, réédition Folio,1995, Le Bateau négrier (1988, Invitation à Bahia (1989), ainsi que de ceux de Alexandre Pinheiro Torres, Maria Gabriela Llansol, Herberto Sales, Adriane Galisteu

Traduction en français des poètes portugais Mario Cesariny de Vasconcelos, José Régio, Le Fertile désespoir (Prix Calouste Gulbenkian aux "Assises de la Traduction littéraire en Arles, 1995) ainsi que la traduction de deux anthologies de poèsies portugaise, réalisées, l'une par Renata Pallotini, l'autre par Vitorino Nemésio.

Nombreuses expositions de peinture en France et au Portugal

Le Livre du Tigre

 

 

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Anne MICHEL

Née en 1942. Après des études de philosophie à la Sorbonne, elle séjourne trois ans en Côte d'Ivoire. Elle y enseigne le français, étudiant parallèlement à l'Université d'Abidjan l'Histoire de l'Afrique et l'Histoire des techniques de conservation des documents dans les pays tropicaux.

De retour en France, elle travaille comme journaliste dans diverses revues de décoration puis est responsable de la rubrique «Livres» à Harper's Bazaar France ainsi que journaliste littéraire à L'Officiel de la Mode. Depuis 1993, elle se consacre entièrement à l'écriture.
Prix de Poésie des Octaviennes 2001.

Publications
Exercice d'amour,
roman (1984) aux Editions Calmann-Levy, La Dame noire*(1992) et Sortilèges, romans (1993) aux Editions Flammarion, Les Seigneurs, prose poètique (H.C. 1991) à La Goutte d'Eau. Voyage en enfance, document (1995) aux Editions Flammarion.
Adios, l'amie... Poème, (2001), aux Editions Clapàs, collection Queer fish.

Grande Sérénade

Myriam et Diane

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*La Dame noire

" J'ai pénétré dans son univers par un acte, disons, de chevalerie. Je me suis élancée au-devant de l'ennemi -en l'occurrence un voyou qui essayait de lui piquer son sac- et maintenant elle se presse contre moi la nuit, m'enveloppe de ses bras, entrelace ses jambes aux miennes... ". Un mollet gainé de mauve, une bottine de croco dépassant d'une voiture -une Jaguar stationnée, croit-on deviner, du côté du bois de Boulogne : il n'en fallait pas plus pour que Claude, la jeune narratrice de la Dame noire, suivît Angèle jusqu'en Afrique. Mais avec quelle intention ? Y a-t-il, entre elles, autre chose qu'une relation amoureuse ? Et pourquoi diable Angèle, la belle métisse, a- t-elle voulu regagner la Côte-d'Ivoire ? Pendant que le lecteur s'interroge, Anne Michel savoure ses effets. Les deux femmes ont débarqué à Abidjan, sur l'île d'Ameh Lakkar, la mère d'Angèle, énorme Africaine bariolée qui tyrannise sa fille et terrorise son entourage. La Dame noire a un oeil partout : elle rôde, surveille, épie, et peu à peu referme son piège sur les deux jeunes femmes. Entre-temps, Claude aura éprouvé, pour cette masse de chair monumentale, inquiétante et pourtant gracieuse, une attirance tout à fait ambiguë.
Après Exercice d'amour (Calmann-Lévy, 1984), Anne Michel montre dans ce deuxième texte une manière singulière de jouer du mystère pour entretenir l'attention, camper sans mièvrerie trois femmes qui s'aiment et se haïssent, et décrire sans faux-semblants les retrouvailles et les plaisirs charnels.(...).

Florence Noiville, Le Monde. 22 mai 1992

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Une femme immense et noire

L'Afrique noire, ses violences occultes, l'attrait ambigu qu'elle exerce sur l'Européen, et les passions qu'elle suscite étaient, en 1984, au coeur du premier roman d'Anne Michel. Les revoici, terres volcaniques du deuxième : "La Dame noire".

"Rien qu'un éblouissement, une danse d'insectes foudroyés par la lumière" lit-on à la fin d'"Exercice d'amour". Une phrase qu'aussi bien on pourrait mettre en exergue de "La Dame noire". Non pas simple passerelle d'un roman à l'autre, mais dynamique même d'une oeuvre en train de s'édifier.
Eclairs aveuglants du soleil et de la chaleur, brûlure des corps voués malgré eux à un érotisme qu'une force supérieure impose et ritualise. Jusqu'aux bornes de la folie et de la mort, comme délimitant cette île ivoirienne minuscule, cette lagune absente des cartes où règne Ameh.
Superbe déesse d'ébène, matrone gigantesque au profil de médaille, Ameh est aujourd'hui une négociante richissime, entourée de jeunes femmes éclatantes et serviles.

Sa vie est mystère. Comment, venue du fond de la pauvreté et de la campagne sénégalaise de son enfance, a-t-elle constitué ce commerce et cette fortune qui assurent sa puissance ? Fut-elle, comme on le chuchote, maquerelle au temps de la colonisation ? Est-elle ce Saturne femelle que décrit sa fille Angèle à son amie Claude ?

Celles-ci se sont connues à Paris. Une étape d'Angèle qui court le monde. Alcoolique, elle est styliste, et, entre deux esclandres, dessine des modèles pour les collections de sa mère. Elle a convaincu Claude de l'accompagner chez elle, dans la région d'Abidjan. Pour poursuivre avec elle une liaison amoureuse ? Ou pour l'offrir à la mère haïe et adorée, la redoutable et dévoreuse Ameh ?
Quoiqu'il en soit, mante religieuse, amazone forcenée, celle-ci ne fera qu'une bouchée de la jeune Parisienne, la violant comme ferait un homme, puis la séduisant, s'en faisant aimer, à la fin découvrant par elle une dimension de plaisir jusque-là inconnue d'elle, et celle, jamais éprouvée du tout, du sentiment."

Jean Pache,* 24 HEURES, Lausanne. 5 mars 1992

* Poète suisse, auteur d'une oeuvre exceptionnelle, critique littéraire et poètique de grande envergure, disparu le 2 février 2001.

 

 

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Marion PAGE

Marion Page est d’origine bretonne, bien que née à Casablanca d’une mère institutrice « libre » et d’un père commandant de pétrolier. Au cours des nombreux déménagements, la maison des grands-parents maternels, Le Belvédère, à Argenton-sur-Creuse dans le Berry, reste l’élément stable et déterminant de l’enfance et de l’adolescence.
Entre un père caractériel, trois frères dont l’un très perturbé, et une mère tournée avant tout vers les hommes de la famille, elle trouve son salut dès toute petite dans la lecture et saura très vite ce qu’elle veut faire plus tard : institutrice.

Elle arrive à l’Ecole Normale avec son journal, commencé l’été précédent au Belvédère, elle y consignera ses émotions littéraires et son désir d’écrire « pour de vrai », c’est à dire écrire des livres, son amour pour Marie pendant deux ans, puis pour Yvonne, ses essais infructueux pour être comme les autres, sortir avec un garçon, trouver l’amour dont tout le monde parle…

Au cours de sa troisième année d’exercice à la campagne, elle décide de se remettre « sérieusement » à l’écriture, de là datent son premier poème abouti « Les Nuits claires » où elle traite déjà du travail sur les mots de l’écrivain-poète, et sa première nouvelle « L’Enfant sacrilège » où elle pressent déjà la misogynie et la haine des hommes pour les femmes qui aiment penser par elles-mêmes.
A la fin d’une grande parenthèse difficile consacrée à la conjugalité et à la maternité, pendant laquelle elle n’arrivera plus à écrire, elle fait des rencontres qui déclencheront à nouveau le désir. Elle auto-édite deux plaquettes de poèmes, « Dérapage » pour le Festival Populaire de Poésie Nue à Nanterre en 1981, et « Diverses » pour le mois de la Poésie à Massy en 1983. Certains seront sélectionnés pour être édités dans des recueils de poésie. Elle participera également au Festival de Poésie Murale de Palaiseau en 1982. Ces actions poétiques sont des moments d’illumination au cours de la période douloureuse où elle finit par comprendre, en 1983, qu’il lui faut quitter la structure familiale.

Parallèlement, depuis une dizaine d’années, elle milite à gauche et devient conseillère municipale d’Union de la Gauche dans sa commune. Elle écrit des articles, participe aux débats. Elle a pris conscience également de sa passion du politique.
Le divorce, cette rupture, enfin, avec ce qui donnait un mauvais sens à sa vie et à sa création artistique, provoque chez elle, avec l’expérience d’une liberté à reconquérir, l’impérieux besoin de faire un bilan et de tourner la page. Elle écrit et auto-édite « Position », texte d’une trentaine de pages qui marque le sommet chez elle d’une certaine écriture, son écriture de femme. En effet, le texte s’achève sur l’illumination de la découverte de l’amour partagé, avec une femme, l’illumination de la découverte de son lesbianisme.
Elle se tourne immédiatement vers le lesbianisme politique et s’intéressera au lesbianisme féministe, au lesbianisme radical, au lesbianisme séparatiste. Elle finira par quitter son parti de gauche pour se consacrer au groupe Santé lesbienne de Paris et à celui de Perspectives Lesbiennes Radicales. Elle découvre l’histoire du mouvement féministe, l’histoire du mouvement lesbien, elle découvre les Maisons de Femmes du Sud-Ouest, et les étés qu’elle passera dans l’une d’entre elles seront déterminants puisque 10 ans plus tard elle fera de sa propriété à la campagne une maison de vacances lesbienne, " L’Impatiente ». Elle découvre surtout les écritures de Monique Wittig, Michèle Causse, Nicole Brossard, les travaux de Colette Guillaumin, Nicole-Claude Mathieu, les textes des premières lesbiennes radicales de Paris, la revue canadienne A.H.L.A…
Egalement des réalisations lesbiennes comme l’association Les Archives et La Maison du Pouy dans les Landes, l’espace « Bagdam Cafée » à Toulouse, la terre de femmes « Terra » près de Dijon…

Elle lit et relit, voyage, rencontre les lesbiennes à l’étranger, à Paris, elle participe aux rencontres, débats, colloques, elle a découvert là son « Nouveau Monde ».
Le Groupe Santé lui a fait prendre conscience de son corps, de sa santé, du poids du pouvoir médical sur les femmes, de l’importance de l’alimentation et de l’hygiène de vie. Elle a toujours aimé faire la cuisine, maintenant elle cuisine avec passion de bonnes et belles choses pour celles qui sont de passage à L’Impatiente. C’est là qu’elle animera pendant 5 ans un atelier de lectures lesbiennes qui produira une petite revue, « La Gazoute », pendant deux ans.
Elle a fait partie un temps de L’Atelier d’écriture de Geneviève Pastre. Elle a écrit des articles pour le Groupe Santé Lesbienne de Paris, des textes pour la revue littéraire lesbienne « Suite des Cris » ou pour des rencontres ici ou là. De temps en temps elle a essayé de se remettre « vraiment » à l’écriture mais cela n’a pas marché comme avant, elle était encore trop bouleversée par l’expérience lesbienne, il lui faudra 15 ans.
Et maintenant voici enfin le Livre.

Depuis 2000, elle fait partie de l’APA, Association Pour l’Autobiographie. Elle y écrit plusieurs textes pour le cahier « Mai 68, Mémoires de femmes ». L’APA a récemment sélectionné le texte « Position » pour être proposé aux lecteurs de la bibliothèque du 5° arrondissement, rue Mouffetard.
Elle travaille aussi bénévolement plusieurs heures par semaine au perfectionnement du langage des enfants d’un centre de loisirs maternel et à la formation des animatrices dans ce domaine.


le livre de Camille

 

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Marcel PARENT

Né en 1932 au Palais-sur-Vienne (Haute-Vienne). Il a déjà publié aux Editions Geneviève PASTRE, Chronique romanesque du Temps de l'Imposture (1997) et Plouc Polar. Ancien élève de l'Ecole normale de Versailles, il coordonne un ouvrage collectif : 3, boulevard de Lesseps, lieu de mémoire. Il  prépare un troisème roman : Vie et opinions de Gwanaëlle Santarellina.


Chronique romanesque du temps de l'imposture
Plouc Polar
Tribulations d'un caddie au supermarché

Chemins d'école en liberté

 

 

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Geneviève PASTRE

Née le 20 novembre 1924, date du Manifeste du surréalisme, Geneviève Pastre a des racines triples : le Rhin, Mayence lieu de sa naissance, la Lorraine où elle a passé toute son enfance, et les grands Causses, Millau et toute sa région, terre d'origine de sa famille depuis toujours. Et le monde à découvrir.
Malgré une enfance vouée à la danse et sa volonté affirmée de s'y consacrer, elle est contrainte par sa famille à y renoncer et à poursuivre des études littéraires. A 24 ans, les termine par l'agrégation de grammaire, qui l'oriente vers l'enseignement.

Cette rupture avec ce qui donnait un sens à sa vie et à sa création artistique provoque chez elle, avec l'expérience de le douleur, le réflexe de l'écriture et la métamorphose en poète. Parallèlement, elle suit des cours de mime (avec Marceau et Jacques Lecoq) et, retrouvant ainsi la scène, crée son propre groupe, qui devient compagnie théâtrale en 1974, sous le nom de THEATRE DE L'ESCALIER, puis sous celui de "Compagnie Geneviève Pastre". Ce sont alors des années de bonheur (près de vingt ans) dans et par la création continue (au moins une création annuelle).
Après avoir publié des recueils de poèmes, des textes et un essai sur l'amour, "De l'Amour lesbien", chez différents éditeurs, elle crée une collection personnelle : LES OCTAVIENNES, en 1985, et finalement, sa propre maison d'édition en 1989 : LES EDITIONS GENEVIEVE PASTRE. Celles-ci incluent sa première collection, à laquelle elle en ajoute une seconde : LES GEMEAUX, puis d'autres: bibliophilie, romans, essais, et une minipoche: COURANTS ASCENDANTS (48 titres en tout aujourdhui en octobre 2001).
Le terme "Les Octaviennes" désigne aussi depuis 1988, une association de femmes créatrices, (ouverte à toutes et ouverte sur le monde) qu'elle a fondée et qu'elle anime, pour développer un réseau culturel original autour de jeunes talents autant que d'auteures confirmées. Cette association culturelle fonctionne sur invitation et cooptation, de manière à préserver, tout en les élargissant, les "affinités électives". (BP 4242 - 75160 Paris cedex 04).
Elle vient de tenir son neuvième Salon ouvert au public en février 2002. Au Prix de Poésie décerné, s'ajoutent depuis 1998 un Prix Interarts, un Prix "Les Gémeaux", (créé en 1999) pour les poètes gais qui avaient concouru spontanément dès 1997.
Déjà en 1990, elle avait organisé le Troisième Festival européen de l'écriture gaie et lesbienne à Paris, "Anticipations Festival" qui a réuni près d'une centaine d'écrivains et d'écrivaines, de critiques, de traducteurs/trices et d'éditeurs/trices (débats, salons littéraires, spectacles, etc.). Les premiers salons organisés dans le cadre de FALGWE (la fédération européenne) avaient eu lieu à Londres en 1987, puis à Rotterdam, "Satisfiction" en 1989.
Elle a enfin créé, en 1985, un groupe d'écriture expérimentale : TENDI MUNDI qui a participé, entre autres, à la Foire de la Poésie de Paris, aux Journées internationales de poésie de Rodez. Elle a également animé un atelier aux Rencontres Nationales d'Ateliers d'Ecriture à Aix- en-Provence en février 1993. Elle participe aussi en tant qu'auteure et éditrice aux Salons de l'Homosocialité, et à celui de la Salle Wagram et de Cineffable. Avec les Octaviennes elle dit ses textes dans des récitals donnés en public (restaurants de femmes et autres manifestations publiques).


Elle se partage ainsi entre l'écriture, la mise en scène, la poésie, la recherche philosophique, sociologique et anthropologique, fait des communications dans de nombreux colloques et festivals, a été invitée sur des TV tant étrangères que françaises. Pendant dix années, elle a animé une émission hebdomadaire sur Radio-Libertaire, "Les Affinités électives".
Elle a utilisé parfois divers pseudonymes, en tant que critique ou romancière.
Elle vient de créer un parti politique, les Politides (ou Mauves). Il propose un projet global de société, redéfinit l'homme sur des bases modernes, être d'expression et relationnel, en particulier en intégrant les sexualités dans son expression fondamentale et en se positionnant d'une façon décisive et radicale sur les grands sujets d'actualité sociaux, droits de l'homme, politiques (famille, enfant, etc.), et prend position publiquement chaque fois que l'événement l'exige.

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Publications

Pierre éclatée
- poèmes, Ed. St Germain-des-Prés, Miroir Oblique, 1972, épuisé
Fleur dans le Ventre vert, poèmes, Ed. Millas-Martin, 1973, épuisé
On gaspille l'Amarre ici, poèmes, Ed. St Germain-des -Prés, Poètes contemporains, 1975, épuisé
7-14-17 ou Architectures d'Eros, Ed. Subervie, Rodez, 1978
L'espace du souffle*, roman, Ed. Christian Bourgois, coll. blanche, 1977 réédité. aux éditions Geneviève Pastre, Paris, 1990
De l'Amour lesbien*, essai, Pierre Horay, Paris, 1980, traduction allemande à Berlin en 1985 chez Sissiverlag
OCTAVIE ou La deuxième mort du Minotaure, récit-poème, 1985 et réédition 1998
FULVIE ou Voyage à Delphes, journal de voyage, 1986
ATHENES et le "Péril saphique", essai d'histoire critique, 1987, réédition 1997
Préludes pour un largo, poèmes, illustré par Madeleine Scellier, sur pur vélin Johannot, tirage limité, imprimerie de La Charité, Montpellier, coll. les Oct. 1988 épuisé, repris dans la coll. Courants ascendant. Largo, poème, traduit en anglais par Marilyn Hacker (in 13TH MOON, vol.14, University Albany)
Le NOUVEAU manuel d'orthographe, traité-pamphlet d'esthétique de la grammaire et du langage, 1991
« J’entends cette clameur » in La Société des femmes, anthologie des Cahiers du Grif , éditions complexe, 1992
AMELIE ou Ondes de choc, nouvelle, (in "Mit Würde und Feuer", Wien Frauen, 1993. Paru en 1999, en édition originale française, au Québec
Trois gorgées du modeste royaume, poèmes, 1995
Le Bien aimer, essai philosophique et esthétique sur l'amour, 1995
Les Amazones, du mythe à l'histoire, essai d'histoire critique, 1996
A ma Mère, récit paru dans" Sie ist gegangen", Orlandaverlag, Berlin, 1997
OCTAVIE/OCTAVIA/OTTAVIA, traductions d'extraits d'OCTAVIE ou la deuxième mort du Minotaure, en espagnol par Monica Khobzi, en italien par Bianca Rabaioli Apostoli
Intersections des seuils in TROIS, revue québecoise dirigée par Anne-Marie Alonzo, Québec (juillet 1998)

nombreux articles parus dans des revues françaises ou américaines en particulier :
"Le "JE" femme/ homme" in L'homosexuel/le dans les sociétés civiles et religieuses CERDIC/CNRS Strasbourg (colloque), 1985
« Twentieth Century Lesbians : Should we revive Memory or break with the Past » in Journal of Homosexuality, vol 25 , n°1/-1-1993
« Sortir du piège… par un saut qualitatif : la saisie intuitive du philosophe par un regard sur lui-même, être humain sexué », in Homosexualités, expression ; répression, Stock, 2000

A paraître : Une Femme en apesanteur (Mémoires littéraires militantes et politiques de 1975 à 1998) aux Editions Balland

Entre texte, musique, mise en scène et peinture :
Deux poèmes mis en musique par Yves-Marie Bruel et chantés par Christine Gouzes à l’abbaye de Sylvanès, en 1978 (in CD-oeuvres complètes d’Y. M. Bruel, 1995)
En Mai 1992, Le Théâtre de la Méduse a produit l'espace du souffle, dans une adaptation et une mise en scène de J.J. Charbonnier, avec Catherine Hasselwander. (La création a eu lieu au Théâtre Arcane à Paris.
En Novembre 1992, Jean Paul Gilly a exposé cinq tableaux d'une série de 29 à partir de l'espace du souffle, à la Mairie de Pantin, et au Centre Culturel d'Aubervilliers.

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Théâtre, de nombreuses créations, du Théâtre de l'Escalier, puis de la Compagnie Geneviève Pastre, dont
L'Eloge du désordre, d'après "Ainsi parlait Zarathoustra" de Nietzsche
La Chasse au snark,d'après Lewis Carroll
Les Mariés de la Tour Eiffel, d'après Jean Cocteau
Le voyage (Théâtre Mouffetard, Centre Culturel de Boussy-St-Antoine, Sèvres Festival de théâtre etc.), auteur et metteur en scène G.Pastre
Cinq Rêves (Daphto, Misoge et Béhé).
LA CHOSE ou "Les Choses, on aurait dit des pensées arrêtées en route", inspiré, pour un acte, de "La Nausée" de J. P. Sartre, Théâtre d'Edgar 1974, auteur et metteur en scène G. Pastre
Rimbaud Faim et Soif, écrit et mis en scène par G. Pastre (2ème de trois versions). Festival de sémiologie de Canteloup, Salle de géographie, Bd Saint-Germain, Ecole Polytechnique,
Centres Culturels etc, auteur et metteur en scène, G. Pastre
Théâtre de rue : Paris, Boussy St Antoine, Millau, etc.
Le Père Hocquet ou la Grande Dicteuse, pièce burlesque et satirique, jouée en 1994 à Lille au Centre Culturel libertaire.

Octavie ou la deuxième mort du Minotaure
Trois gorgées du modeste royaume
Le NOUVEAU manuel d'orthographe
Le Bien aimer
Athènes et "Le péril Saphique"
Les Amazones, du mythe à l'histoire
Ondes concentriques
L'Espace du souffle
Préludes pour un largo

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*De l’Amour lesbien

Un livre pour sous-tendre une réflexion, l’accompagner et la vérifier.
parce que dedans court un choix de vie et de pensée intimement mêlées. Un essai lumineux et ardent où le mensonge, l’aveuglement, l'ignorance, la violence sont traqués comme ils doivent l’être ; et comme ils doivent l’être en tant qu’auteurs d’une souffrance infligée en premier à cette partie du monde qui forme la seule majorité y existant, les femmes.
Un corollaire obligé : le retentissement obligé de cette souffrance sur la minorité au pouvoir que sont les hommes. Des hommes qui se forgent un masque d’hétérosexualité pour eux-mêmes et pour les femmes. Un masque qui oriente et planifie le système d’existence de tout un chacun et de toute une chacune.
Aux unes, en négatif, l’asservissement, le service du ventre et du foyer, et pour y être maintenues : la crédulité en des valeurs morales, religieuses formant un corpus idéologique destiné à soumettre, à exalter cette soumission (rôle de la vierge et de la Vierge-Mère) et à l’organiser dans les rapports sociaux.
Aux autres les hommes, en positif, le gouvernement de la tribu de la
cité, de l’empire ou de l’état, le service de l’impôt qui naît de la guerre et du commerce, la guerre fournisseuse de femmes et des autres valeurs marchandes, pourvoyeuse d’une corps d’homme à homme ; maîtrisé et si recherché; et pour se maintenir dans ce système, la création de fictions myhologiques, religieuses politiques et culturelles, la production d’un discours éthique et pratique propre à exalter ce ciment, à dévier le regard social et individuel de la cimentation réelle et à occulter celle-ci avec soin.

En conséquence de quoi, chez les hommes, cette homosexualité latente qui fait des ravages parce qu’elle est niée et cachée et qu’elle n’en sous-tend pas moins la réalité des rapports sociaux, l’organisation des sociétés et la structure des pouvoirs ; cette homosexualité latente qui est celle des hétérosexuels,qu’ils ne peuvent exprimer que masquée, dans l'école ou le dortoir et la classe, le sport et le vestiaire ou le terrain, l'armée ou la chambrée, les cafés, les clubs et la camaraderie, le travail et le compagnonnage ou la rivalité, ou dans le rejet de l’homosexualité patente,
celle de homosexuels, et le rejet agressif de ceux-ci ; qu’ils ne peuvent exprimerr, un fois démasquée que dans la violence des viols masculins de guerre, de caserne, de prison, de bizutage et autres rites d’initation et dans tout violence sexuelle commise sur des hommes par des hommes hétérosexuels.

En conséquence de quoi, pour les femmes, remise au fond d’un champ restreint d’expériences, et exclusion de l’ordre masculin de régence des choses et de idées, acculturation, perte d’identité et réduction à néant d’un plaisir qu’on éduque en torture (excision des femmes africaines, infanticide des filles à la naissance et bandage des pieds chez celles qu’on laisse en vie, en Chine ancienne) ou en claustration (en Grèce antique, ou islam ou couvents d’Europe, affinement de ces pratiques immédiatement physiques en claustration ou “excision mentale” dans les actuelles sociétés européennes ou européanisées).
La démarche de Geneviève Pastre face à cela est simple, qui laisse aux hommes, à des hommes éclairés pour commencer c’est à dire à des hommes homosexuels, la tâche de se reconstruire, mais pas plus qu’eux et qui avant tout recommande aux femmes” d’orienter la lumière vers elles-mêmes”.
Paroles de femmes donc. Parole d’amour, d’amour de femmes, à partir de cet amour, pour cet amour ; se recentrer et se (re)connaître. Faire naître une identité en dépit de tous les sabotages et de tous les subterfuges; avec “allégresse”, gaîté, par un“exercice libre de l’intelligence”, après avoir résisté à l’écartèlement de son propre continent au continent étranger, aux empoisonnements fardés qui parcourent le corps des femmes.
Un très beau livre et un livre poète.
Alain Leroi, Le Gai Pied Hebdo, avril 1981

 

 

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Ludmilla PODKOSOVA

Née à Reims en 1970, elle a passé son enfance dans un petit village situé près du chemin des Dames. Après son baccalauréat, elle entre en classe de Lettres Supérieures à Paris, poursuit ensuite des études d'histoire à la Sorbonne où elle obtient une maîtrise. Elle est actuellement enseignante de Lettres-Histoire dans un lycée de la banlieue parisienne.
Elle dirige actuellement L'Ecole-à-coeur aux Editions Clapàs, collection de poésie et de proses contemporaines destiné aux lycéens et aux étudiants. Elle a participé à l'Anthologie des Poètes 2000 aux Editions des Dossiers de l'Aquitaine et écrit de notes de lecture pour la toute nouvelle revue de Sylviane Arabo, Saraswati.

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Publications
Trois poètes, recueil de poèmes des lauréates du premier Prix de Poèsie des Octaviennes 1995, E. Dalban, L. Moliner, L. Podkosova, éd. Geneviève Pastre (1996), L'Usage de la parole, poèmes, éd. Editinter (1998). Le poème de 34 jours, éd. Clapàs (1998), Marine, poèmes, éd. Editinter, Le recueil des très riches heures, poèmes et Rimes blanches, poèmes, éd. Clapàs, Vous, roman, éd. Geneviève Pastre (1999), Avec une rose dans notre main, poèmes, ed. Clapàs, Lambeaux du lointain, nouvelles, éd. Editinter, Notre monde au secret, poèmes, éd. La Bartavelle, Tout Bas, proses poétiques, éd.Clapàs (2000), L'ininterrompue, poèmes, Mort d'un personnage, nouvelles, éd. Clapàs, Heure de froid*, éd.Encres vives, Maria Berg, roman, éd. Geneviève Pastre (2001)

*Heure de froid
Enseignante, l'auteur a le souci du mot, de l'expression, juste dans son apparente simplicité. Je ne sais si c'est un choix délibéré de l'éditeur mais il y a une certaine parenté d'expression entre ses auteurs. Il y a d'abord le contemplatif jaillissant par petites touches et, au bout de tout cela, le trait fugitif de la pensée illuminant le poème. Cela demande à être lu lentement afin de s'en imprégner très fort. J'aime "Souvent le rêve est/ ce langage que tu désires / écrire / Pour inscrire au final / l'Histoire de ta main".
Jy le Guen, dans Poésie-sur-Seine, septembre 2001

Dès le premier poème on est face à "L'horizon brouillé/rouillé/rare". Ce n'est pas la page blanche et son angoisse que doit affronter l'écriture de Ludmilla Podkosova, mais au contraire une surface dégradée, souillée, la solitude médiocre des périphéries urbaines d'aujourd'hui. On explore "les dessous de l'autoroute" "aux bras des Vénus/ déplorées". On partage les heures de colère de l'auteure, enseignante : "Garde-toi de dire/ Ce qui n'est pas/ au bonheur de l'ignorance/ entretenue ". La ville (la vie ?) serait-elle sans issue ? Pas tout à fait, puisqu'il reste possible de donner, avec ces poèmes hachés, leurs jeux d'images et d'échos, une voix au mal-être : "ce que j'aime en toi/ c'est ta peur qui parle". La vie vaut en définitive d'être dite.
Emmanuel Hiriart, dans Friches, n°76, hiver 2001-2002

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La force, le réalisme et le mystère, voilà les trois aspects de l'oeuvre de Ludmilla Podkosova. Si fragilité et abandon il y a dans la plupart de ses poèmes et de ses nouvelles, si évocation sensuelle voire sexuelle de son intimité il s'y trouve, ce n'est pas là qu'elle fait preuve de sa plus grande originalité. Mais plutôt dans la création habilement menée d'une sorte de tissu poètique ou romanesque, alternativement assez sombre, vindicatif ou presque serein. Tramé tantôt d'une révolte sociale et féministe sensible dans tous ses textes ; tantôt du vigoureux éclairage des analyses d'un intellect qui part en quête de sa vérité ; tantôt enfin, d'une révélation par l'amour, par le savoir, par le geste de se pencher très près des choses.
L'écriture de cette auteure puissante et multiple, nous appelle et vers la femme qui écrit, et vers ses personnages, et vers le feu d'une torche que son coeur semble lui tenir à tout instant, semblable à une figure de la statuaire de Rude. Si la comparaison semble incongrue à Ludmilla Podkosova, qu'elle sache que lorsque ces flammes s'échappent d'elle, elle hausse sa langue de poète et d'écrivaine à de bien beaux sommets.

Sous une apparence de simplicité, elle parvient à la métaphysique (celle qui devrait nous être enseignée pour apprendre à vivre, pas celle de Kant ou de Heiddeger !) :
"Je voulais vous dire au revoir comme les autres fois. Mais, je voulais vous embrasser autrement. Je vous ai prise par les épaules. C'est alors que mon départ m'est apparu comme absurde, comme absolu. Sous mes mains, j'ai senti la métamorphose de votre corps. Oui bien sûr, il était malade. Mais surtout, il s'était armé d'une nouvelle armature. L'armée du temps. Sous ce départ que j'avais désiré physique et donc, un peu pressé, je n'ai pu prononcer le réconfort, ou le plaisir de vous avoir revue, ou même l'amitié. Ou même. Aucun mot n'est revenu dans ce départ." (Lambeaux du lointain)
Que dit d'autre Wittgenstein dans son Tractatus logico-philosophicus : "Ce que l'on ne peut dire, il faut le taire."?

Revenons à Ludmilla Podkosova, à sa métaphysique du quotidien et du devenir, à ses accents lyriques fluides ou énervés. Ainsi :
"Mais dans cette ombre qui s'avance vers nous, un souvenir. Nous nous souvenons que nous avons suivi, avant tous les autres, des chemins différents. Lorsque les portes se refermaient une à une sur le soir, la nôtre restait ouverte, tard sur la lecture. Longtemps et très tard. Nous apprenions les étoiles et l'aube. Oui, c'est très simple, très facile d'écrire cela mais qui se souvient des étoiles de ces dix ans ? "
(Lambeaux du lointain)
Ou ainsi :
"Elle est, reste dans les marais, continuellement et même en voyage, même au lycée, elle est du quatorzième siècle, rejetée de tous et bannie. Brûlée ? "Elle lit et fume dans la boue des siècles et des siècles. Amen." (Maria Berg)

De grandes qualités de style et d'expression, une autorité du langage, ce que l'on considère en France comme les atouts- maîtres de l'écrivain, chez Ludmilla Podkosova. Mais aussi, l'art de s'approprier pour nous les rendre palpables, des éléments aussi essentiels que les paysages, le temps de saisons, les cycles du corps humain.
Est-ce une enfance bâclée suivant une naissance reléguée au rang d'un évènement encombrant ? Est-ce son origine russe, est-ce tout simplement l'élan un peu sauvage de son inspiration qui lui donne cette capacité de relation au vivant, au terrestre, au charnel ? Peu importe. On sent le vent du large chez Ludmilla Podkosova, l'étendue des plaines, la grande humilité des pauvres, l'impuissance des malades, l'importance des portes, du blé mûr, des fruits encore acides, la douce coloration de l'aube...
"Par la fenêtre, j'ai vu une éclipse de lune, merveilleuse, sombre et tenace dans le ciel. Le croissant lumineux était très mince comme effilé par des doigts invisibles. Je suis restée à la fenêtre jusqu'à l'arrivée du soleil."

Et "the last but not the least", un très grand amour pour les mots :
"L'Ecriture est plus que la liberté." (Vous)
ou :
"Regarder le soleil en face. Oui, écrire. Le sens tranchant du réel."(Lambeaux du lointain)
ainsi qu'un vrai regard sur les êtres et la condition humaine.
"Vendredi. Fin de semaine. Fin de matinée. Je suis avec ma classe de CAP. C'est le calme absolu. C'est le silence plat et lent. La classe est peu nombreuse car les élèves sont en grave échec scolaire. La majorité d'entre eux connaît une situation sociale critique. Les parents sont seuls ou décédés, sans emploi, vivent dans un logement insalubre. Certains élèves mal soignés lorsqu'ils étaient enfants sont à la limite du handicap physique, troubles visuels importants, obésité chronique, dyslexie. Ils sont là devant moi, avides de tout ce qui leur échappe. Ils me regardent sans cesse. Ils n'ont aucune qualification, aucun diplôme ( le brevet n'est même pas à leur portée). Cette classe est leur toute dernière chance. Ensuite, lorsque la porte se sera refermée derrière eux, il n'y aura que le vide des années et l'attente sans mots pour le dire." (Mort d'un Personnage)

Une classe-garage, des enfants sacrifiés. Au plus près de notre réalité ou symbole de nos existences ? Les deux. C'est, sans métaphore revendiquée, la voix et la voie créatrice de Ludmilla Podkosova.
Anne Michel


Vous
Maria Berg

 

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Jeanne TALBOT-DAVID

Après une début de carrière de comédienne prometteuse, y renonce en raison d'une santé fragile et se consacre à l'écriture. Poète exceptionnelle, avec Les Délices de Pradoux (1996), publié aux Editions Geneviève PASTRE, elle nous fait vivre au quotidien et parfois en visionnaire tous les aspects de la passion et de l'érotisme entre femmes. Elle a également publié aux Editions Geneviève PASTRE, dans la collection Les Octaviennes/Théâtre, Etoile écarlate, un drame qui dénonce les crimes commis par les intégristes de tout bord.

 

Les délices de Pradoux
Etoile écarlate

 

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Françoise TCHARTILOGLOU

Poète, elle collabore à diverses revues de poésie : L'Ouvre-Boîte, Prométhée, Franche Lippée (Editions Clàpas).
Peintre, elle participe à des salons et expositions de peinture en Ile-de-France ainsi qu'à Béziers.
Prix de Poésie des Octaviennes 1993.
Prix Claude Tournay au XVIIème Salon d'Art de Mantes-la-Jolie

Publications

Nature et Couleurs en Révolution (1983), Ombre et Soleil (1984), La Forêt de la Biche, Prix international Poésie de l'Universel, (1986), Le Grand Voyage, Prix Spiritualité et Vie intérieure, (1988), Histoires merveilleuses (1990), Les Images et les Mots (1991), Rendez-vous(1994).

Prix Renée Vivien 2001


Galaxie Rose

 

 

 

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Editions G. Pastre - tous droits réservés - dernière mise à jour : 20 juin 2005

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