Bruno BISARO
l'intrépide bruno bisaro
Poésies 1986-2003
Collection/ Les Gémeaux Poésie 19

La mort de bruno bisaro (122ème) par lui-même

C’est moi-même que je traîne par les cheveux vers la fosse commune selon un itinéraire oblique

La plupart des textes présentés dans l’intrépide b.b. correspondent à la fin de « ma période marseillaise » et à mon retour vers Paris. Je ne pense pas que mes poèmes puissent se suffire à eux-mêmes.Je ne pense pas que la poésie écrite se suffise à elle-même. Un jour, je sais que j’ouvrirai mon livre, comme une vieille Bible, mon petit livre rouge et blanc, peut-être même que j’arracherai ses pages, une à une. Il me faudra dire ces mots, mes propres mots, sur une scène de théâtre, dans la nuit étroite d’un music-hall parisien, dans un vestibule, à l’écart du monde. Oui, la poésie n’est pas dans les livres. Un livre de poésie n’est rien d’autre qu’une imposture, une anarchie. Il n’est rien, rien d’autre, à peine est-il la mémoire de la poésie elle-même et c’est déjà bien. Il me faudra dire ces mots là… Pour le moment, ils sont les mots d’un spectacle programmé « longtemps à l’avance », les mots d’un spectacle qui nous précède et qui pourrait dater de l’origine du monde, un boulevard, une impasse, une avenue jonchéede lèvres violettes, un cul de sac endimanché, une alouette. Il me faudra dire ces mots comme s’ils ne m’appartenaient plus, blabla, ils seront des personnages subalternes et des musiques du Nouveau Monde que je jouerai et qui s’en iront, loin, très loin « devant », ils feront partie d’un univers redevenu vierge et de plus parfaitement étranger, et de plus parfaitement inclassable, à conquérir. Je pourrai de nouveau me sentir solitaire et apeuré, et de nouveau prendre certaines habitudes et même prendre la tangente, à mi-parcours, blabla, blabla… L’endroit d’où l’on vient est devant nous, celles et ceux que l’on croise nous rappellent toujours quelqu’un, nous avons tous nos petites références, tous et toutes, tous nos petites musiques, tous nos petites pratiques, tous nos petites marques de fabrique, celles et ceux que l’on croise nous rappellent souvent quelqu’un d’autre, l’autre est une défaillance dans nos regards qui se croisent et qui se perdent loin, très loin devant nous. Le poète n’est pas celui qui fait parler les cendres et les cailloux, il ne fait pas tomber la pluie, il découvre un univers pour la première fois, deux étreintes ne meurent jamais qu’à l’identique, pourquoi faudrait-il toujours remonter le courant, pourquoi remonter jusqu’à Ulysse ou jusqu’à Christophe Colomb, deux imposteurs, jusqu’à A. R., pourquoi remonter les chemins de traverse et les chemins vicinaux, les veines et les artères du cœur, le poète découvre un univers ou un océan de fortune, tout cela pour la première fois, un univers dans lequel les cendres, les cailloux et les animaux marins parlent d’eux-mêmes et s’entrechoquent. Un point, c’est tout. Oui, oui, je serai le poète du sens, relativement, non pas par rapport aux poètes du non-sens mais bien par rapport aux poètes de l’A-sens, et de manière absolue et définitive, je serai le poète de la direction assistée et mon poème est un char à cinq roues qui cabriole dans le soir et dont je n’ai pas seulement choisi d’en dessiner les contours, ni d’en retenir certains passages, sachez que j’ai aussi choisi de mourir pour LUI. Aux oiseaux et aux journalistes de la presse littéraire qui auront toujours non pas dans le cœur mais dans la mêlasse la nostalgie des maudits :

blablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablabla
blablablablablablabla (miroir magique)
Bruno Bisaro

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Poesie contemporaine
"Je viens de lire "l'intrépide bruno bisaro" aux éditions Geneviève Pastre.
Un livre plein d'humour, une très belle langue, des hommages à Pasolini,
Yves Simon, Bob Dylan. Un cri souvent déconcertant, une recherche du beau et
comment survivre d'un camp d'extermination en écrivant des recettes de
cuisine!! Une lumière crue sur l'homme. N'y cherchez pas les concessions,
les compromis, cet auteur n'en fait pas. J'ai bien aimé ce petit
chef-d'oeuvre."
SanAngelo
forum Télérama du 27/03/2005

 

L'intrépide Bruno Bisaro par
Auteur dramatique, poète, comédien et artiste rock, premier prix de poésie des Octaviennes et des Gémeaux 2000, Bruno Bisaro vient de publier son premier recueil de poésie aux éditions Geneviève Pastre. Cet ouvrage d’un jeune auteur originaire de l’Italie du Nord regroupe des poèmes écrits entre 1986 et 2003.
Même s'il aime se mettre lui-même en scène tout au long de son ouvrage, Bruno Bisaro ne cesse d'afficher ses nombreuses références qui vont de la chanson au cinéma en passant bien sûr par la poésie et la littérature, d'hier ou d'aujourd'hui, d'Europe ou d'Amérique. Il rend ainsi hommage à des talents aussi hétéroclites que ceux de Bob Dylan, Edgar Allan Poe, Arthur Rimbaud, Yves Simon, Vladimir Maïakovski, Pier Pablo Pasolini, Mano Solo, Jean-Luc Godard et Wladyslaw Znorko. Résultat : des poèmes audacieux et aux tons multiples. Audacieux dans la mesure où l’auteur revendique l’existence de l’art gai au même titre, affirme-t-il, que l’art sacré ou profane, ou encore l’art culinaire. Audacieux également dans la panoplie de thèmes qu’ils abordent : la sexualité gaie (dans Louis XIV et la drag queen), la séropositivité (dans Le sonnet séropositif) ou la liberté sans contrainte quelconque (et ce tout au long du recueil).
L’intrépide Bruno Bisaro se divise en cinq sections. Les poèmes de la première partie, qu'il appelle Les Poèmes primitifs, correspondent aux fragments du journal intime de Bruno Bisaro. On retrouve ici des textes antérieurs à 1998 : des textes doux aux accents amoureux (à applaudir, le poème Le départ, une très belle histoire d’amour entre un capitaine et un matelot) qui préparent le lecteur pour la suite du recueil, au discours plus revendicateur. Dans la deuxième partie, Horizon vertical, le poète s'oppose au roman naturaliste. En proposant une vision à partir d’une thématique gaie, il défend l’idée qu'il est impossible de perpétuer le langage baroque dans la littérature contemporaine.
Bruno Bisaro se crée un monde parallèle et un langage singulier qui se manifestent particulièrement dans la troisième et quatrième partie. Avec des poèmes comme «La Mort de Bruno Bisaro», «Les arbres», «Portrait d’un écrivain» ou «Portrait d’une féministe», Bisaro questionne sa vie et cherche à comprendre son sens véritable. En tant que «poète homosexuel», tel qu'il se définit, il tente de bouleverser les normes hétérosexistes de notre société. La cinquième partie du recueil présente le témoignage du grand-père maternel de l'auteur, Vital Bahuaud, héros de la seconde guerre mondiale, déporté en 1944 à Buchenwald.
Ce premier ouvrage de Bruno Bisaro surprend à plusieurs égards. En plus de remettre en question l’ordre établi, les poèmes qui le composent mettent l’accent sur le désarroi de l’être humain. Auteur-compositeur-interprète, Bruno Bisaro enregistre actuellement son premier album. Un poète de grand talent à découvrir !

Jean-Sébastien Vallée

La Référence du
je dois demander la date exacte à Bruno... webms :)

 



 

 

ISBN : 2-908550-57-2
ISSN : 1158-6583

 


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Editions G. Pastre - tous droits réservés - dernière mise à jour : 8 novembre 2005

 
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