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Lotta
Catherine
HUBERT
Collection
Les Octaviennes / Roman / 16 €
«
Et toi, Lotta, tu reçois les cadeaux de tes admiratrices.
Tu reçois les coups de téléphone de lautre
bout de lEurope, tu reçois quatre ou cinq lettres
damour par jour, très belles, très longues,
très lourdes, et les présents de toutes, les bijoux
beaucoup de bijoux, et le chocolat, beaucoup de chocolat et tu
aimes cela et tes admiratrices taiment et cest pour
cela quelles pleurent »
Lotta,
roman moderne ou conte ?
Lotta est avant tout une histoire lesbienne.
Lotta se situe au cur de la Bretagne.
Lotta est une lesbienne aimée. Aimée de beaucoup
de lesbiennes et surtout de Claudine. Lotta est une lesbienne
qui vit dans une « Terre Lesbienne ». Lotta cultive
cette « Terre Lesbienne ». Des bêtes aussi vivent
là ; beaucoup, des juments, une ânesse, des chiennes,
des poules, une lapine, beaucoup de chattes, des grandes chiennes.
Et Lotta aime Claudine aussi, mais elles sont toutes deux non-monogames.
Catherine Hubert conte ici lhistoire de cet amour, de ses
bonheurs, et de son revers, la jalousie. Lotta et Claudine réussissent
à résoudre ce problème au moins temporairement.
Catherine Hubert créée des personnages dont on peut
suivre lhistoire dans plusieurs romans. Elle nous racontera
comme dans une saga, les métamorphoses de cette relation
vécue dabord en « Terre lesbienne »
Catherine Hubert a déjà créé les personnages
de Jessica, de Brigitte, puis de Christine, et ici de Lotta
Elle est également poète (Premier Prix de poésie
des Octaviennes), peintre et sculpteur (prix Inter-Arts)
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Il
était une fois
Toi Claudine toi Lotta et les
autres : Elzbeth, Nancy, Nelly, Danielle, Martine
Catherine Hubert nous conte son expérience vécue
dans la campagne française, lieu concret, ouvert aux lesbiennes
qui saiment entre elles, vivent et uvrent ensemble
-
lieu bucolique ludique artistique-, chacune apportant sa pierre
à lédifice commun, tout en respectant la singularité
de lautre, dans un style incisif, plein de tendresse et
de féerie.
Elles viennent de partout ces femmes qui se lient, se délient,
se relient selon lhumeur de linstant, unies par leur
ferveur à saimer, leur volonté de se connaître,
qui créent dans la liberté de leur choix, cette
TERRE LESBIENNE, la bien nommée, planète rose au
sein de notre planète bleue doù sélève
un long chant damour, la Geste poétique/poïétique
de leur existence originale/originelle damazones pacifiques,
agricultrices qui cultivent leur sol et leur esprit dans «
beaucoup despace vital » non mixte, non monogame,
avec un même désir dêtre ensemble (muse
chacune lune pour lautre, chassé-croisé
quotidien durant un court moyen long séjour dans le giron
dune nature champêtre, attractive mouvante).
« Et Lotta toi tu avais demandé à toi Claudine
le soleil et toi tu as dit que tu lapportais dans un grand
filet comme un grand ballon jaune. Et le voilà aussi le
soleil avec toi »
De
cette évocation de Catherine Hubert il émane une
fraîcheur, une pureté, une joie cosmique de vivre,
chez ces femmes lesbiennes qui ont réalisé, construit
leur rêve, un monde à soi, prégnant et gratifiant
labeur.
Que naissent beaucoup dautres communautés lesbiennes,
autarciques qui puisent dans le « gay savoir » des
femmes dharmonieuses révolutions, afin que sépanouisse
notre nature différente longtemps brimée, niée
par le pouvoir phallocratique des hommes !
Je songe à une « Carte du Tendre » lesbienne,
réinventée par des Scudéry destroy.
Jeanne Talbot David
NB.
Il existe en fait plus dune communauté de ce genre
dans quelques régions de France et dailleurs chacune
avec sa particularité ; les lectrices, souvent «
visiteuses », pourront sy retrouver ; selon le mot
de lauteur ces terres sont de lordre de « LUtopie
», ici concrétisée. On peut consulter utilement
les sites lesbiens.
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Têtu,
mars 2003
Que
les femmes sont compliquées ! Même lorsqu'elles ne
vivent qu'entre elles, entourées d'«animales».
En visite dans une communauté lesbienne peuplée
de Françaises et d'Allemandes (évidemment), Claudine
tombe amoureuse de Lotta.
Entre les cours de théâtre et le travail quotidien
- la terre, les chèvres,
la construction d'une nouvelle boulangerie - qui fait vivre la
communauté, plusieurs thème essentiels à
la cultur lesbienne sont abordés : les rapports avec les
ex, la non-monogamie, la différence d'âge, la maladie.
Le style - le récit est presque entièrement écrit
à la deuxième personne, comme
si
la narratrice s'adressait à ses personnages-donne à
Lotta un air plus léger qu'il n'y
paraît et permet à l'auteur d'aller droit au but
dans sa description des sentiments
et des états d'âme de ces femmes. Illuminé
et envoûtant
Judith Silberfeld
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Lesbia
Magazine,
mai 2003
«
Lotta. roman moderne ou conte ? ' Lotta est avant
tout une histoire iesbienne. Lotta se situe au cur de la
Bretagne. Lotta est une lesbienne aimée. Aimée de
beaucoup de lesbiennes et surtout de Claudine. Lotta est une lesbienne
qui vit dans une terre lesbienne. Lotta cultive cette terre lesbienne.
Et Lotta aime Claudine mais elles sont toutes deux non monogames.
Catherine Hubert conte ici l'histoire de cet amour, de ses bonheurs,
et de son
revers, la jalousie.
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Après
Jessica ou l'île. Vers l'Ouest et Création.
Catherine Hubert publie
chez Geneviève Pastre Lotta : prénom
féminin pour cette histoire lesbienne qui
aurait pu s'appeler, sur le modèle de Thérèse
et Isabelle, "Claudine et Lotta".
Mais aussi Lotta, Claudine. Nancy, Danièle, Elzbeth, Martina,
et quelques
autres. Car en terre lesbienne - la terre du récit, proche
de la mer - on rit
ensemble, on partage, on badine, on marivaude. On retrouve des
amantes d'avant
l'été, ou des amantes d'avant cette amante- là.
On échange des recettes et des
pots de confitures. On dit des bêtises, on se fait des petits
cadeaux, on est
quelquefois seule et triste, ou de mauvaise humeur. Elle vous
a regardé, ou souri,
on est heureuse, elle vous a embrassée, on frémit
de bonheur, il pleut on pleure,
elle vous console.
Difficile au début de savoir qui est l'héroïne
car une narratrice qu'on ne
verra jamais s'adresse aux deux principaux prénoms de l'histoire
en les appelant
« toi Lotta » et « toi Claudine ». Exemple
des acrobaties syntaxiques que cela
provoque et dont on s'amuse : « Tu ris et toi Lotta tu
prends toi Claudine dans tes
bras et tu dis... » Ou encore : « Et puis toi
Lotta tu reproches à toi Claudine d'avoir
dit que toi Claudine tu aimes trop toi Lotta.. » On
a déjà lu quelque part un
procédé répétitif de ce genre qui
avait ce même charme agaçant : ah oui, c'était
chez Monique Wittig, dans Virgile, non. « Manastabal,
mon guide ». C'était
comme son nom, en un peu plus long. Dans les deux cas, on force
votre
complicité, en quelque sorte, car si l'on refuse déjouer
le jeu, inutile d'aller plus
loin.
Ce
récit est avant tout, ou aussi, un document véridique
sur la vie de
femmes qui ont choisi de vivre ensemble en communauté ,
soit provisoirement
(l'été de préférence) soit toute l'année.
Il y a les caravanes, la Place de camping,
la tente de cuisine, quelques voitures pour aller faire les courses.
Il y a l'eau dans
des jerricans, qu'il faut économiser. Il faut s'occuper
du feu, des « animales », de
de la vaisselle, des toilettes à compost, de la cuisine.
La cuisine, parlons-en : du
pain aux algues et de la pizza aux blettes ! Encore heureux qu'elles
(vous-elles)
n'aient pas inventé le pain aux blettes et la pizza aux
algues, mais ça ne saurait tarder...
Le quotidien est prenant : faire une fenêtre pour la nouvelle
boulangerie,
mettre des piquets pour la clôture des chèvres :
encore faut-il savoir s'y prendre, et
soigner ou se faire soigner ses ampoules, sa tendinite au poignet...
Il y a les
questions d'argent : si l'on a avalé un simple bouillon,
est-il normal de payer
autant que pour tout un repas de fête ? Mais serait-il élégant
de ne pas le faire ?
Claudine,
« toi Claudine » est infatigable : elle fait tout
cela, et en plus elle
dessine, et elle traduit, et elle écrit, et elle monte
un spectacle à partir de ses
textes : il n'y aurait pas un peu de toi Catherine dans cette
Claudine- là ? Il
faudra lui demander. Mais plus encore qu'infatigable dans ses
activités, Claudine
est infatigablement amoureuse. Ne pas croire que la rencontre
avec une nouvelle
amie la guérit de ses élans pour les précédentes.
Il y a l'émerveillement pour un
rire ou un sourire, le premier baiser (joliment appelé
« le premier jour du
baiser »). Il y a les relations d'amante, et puis on se
sépare comme amantes mais
on reste amies. Il y a les lettres passionnément amoureuses,
et puis le simple plaisir
de faire de la bicyclette ensemble ou de se dessiner nues à
tour de rôle. C'est un
univers où il y a des nuances entre faire l'amour et se
caresser un peu. Où il y a
celles qui sont entreprenantes (trop) et celles qui se refusent
: comme dans toutes
les histoires d'amour, en somme. Ce qui change, (d'autres récits,
non lesbiens
peut-être), c'est le rythme (en léger accéléré),
le ton (léger, même quand on
pleure) : farandole, dit la quatrième de couverture. Oui,
c'est bien cela. Sont-elles
pour autant interchangeables, les Danièle, les Nancy, les
Julia ? Ah mais pas du
tout, dirait toi Claudine : chacune est liée à un
moment, à un élan, à une phrase
dite ou pas dite. Chacune a sa place dans le récit.
Des modèles ? En épigraphe, un clin d'il à
Gertrude Stein (« Alphabets &
Birthdays ». Avec le prénom Claudine, comment ne
pas penser à Colette. On a
dit Violette Leduc déjà, et Monique Wittig, on pense
aussi à Jane Bowles. Il y a de
la nursery dans cette communauté, dans cette terre utopique
: des femmes-enfants,
coupées volontairement de l'avenir et du passé,
de la famille, du vieillissement,
de l'enfantement, des servitudes imposées, du monde de
la politique. Il pourrait
s'appeler « vacances », ce livre. Et le lire, c'est
comme un matin d'été, sur la
plage.
Marie-Claire Pasquier
Présidente
de l'Association de Traduction ATLAS, auteur d'une thèse
de doctorat sur Gertrud Stein, elle a traduit "Mrs
Dalloway" de Virginia Woolf
ISBN
: 2-908350-54-8
ISSN : 0986-0053
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